Le mariage entre l'Association québécoise de l'aérospatiale (AQA) et Aéro Montréal sera célébré le 1er octobre. À cette date, le regroupement de PME sera intégré à la grappe aéronautique montréalaise. Première conséquence: Aéro Montréal lance de nouvelles initiatives pour favoriser le développement des affaires des PME. Suzanne Benoît, PDG d'Aéro Montréal, nous explique les évolutions issues de la fusion.

Mis à jour le 12 sept. 2012
Didier Bert, collaboration spéciale LA PRESSE

Qu'est-ce que cette union change au mandat d'Aéro Montréal?

Notre mission a toujours été le développement de la compétitivité de l'industrie aérospatiale montréalaise. La question qui nous anime est: comment faire pour être encore compétitif dans 10 ans? De son côté, l'AQA se préoccupait avant tout du développement des affaires de ses membres, essentiellement des PME. Nous n'avons pas défait notre modèle de grappe industrielle, mais nous avons intégré ces préoccupations à nos travaux.

Y a-t-il déjà des avancées concrètes?

La fusion donne lieu à la création du chantier de travail «Commercialisation et développement de marchés PME». C'est notre seul groupe de travail qui est permanent. Tous les autres doivent être approuvés chaque année par notre conseil d'administration, qui étudie la pertinence de poursuivre leurs activités. Celui-ci sera maintenu d'année en année.

Quel est l'objectif de ce chantier?

Nous voulons stimuler la pénétration commerciale de nos PME sur les marchés mondiaux. Jusqu'à présent, elles pouvaient vendre directement à des donneurs d'ordre comme Bombardier. Mais de plus en plus, il faut faire affaire avec des intégrateurs plutôt qu'avec le donneur d'ordre.

Qu'est-ce que cela change pour les PME?

L'intégrateur n'est pas forcément situé au Québec. Nous devons donc aider les PME à se positionner auprès de ces joueurs. L'un des moyens d'y parvenir est de se regrouper pour avoir une masse critique. Les PME n'ont souvent pas les ressources nécessaires pour assurer la relève, faire du développement des affaires à l'international, ou tout autre aspect stratégique par rapport à leurs concurrents mondiaux.

Quelle sera la place des PME dans ce chantier de travail?

Le conseil d'administration de l'AQA sera transposé dans le chantier: chaque membre de l'ancien CA deviendra un membre du groupe de réflexion stratégique. Mais les PME elles-mêmes veulent que des équipementiers y soient aussi représentés, afin de réseauter avec eux et, surtout, d'apprendre leurs façons de faire.

Les travaux du chantier ont-ils démarré?

Nous sommes en cours de recrutement d'un directeur de projet pour animer ce forum.

La fusion se résume-t-elle à la création d'un groupe de travail?

Pas seulement. Nous favoriserons aussi le réseautage entre les donneurs d'ordre et les petites entreprises à travers divers événements. Cela commencera dès les 27 et 28 septembre au Sommet aérospatial de la chaîne mondiale d'approvisionnement, que nous organisons à Montréal. Nous y mettrons en relation des donneurs d'ordre et des PME sélectionnées selon leurs capacités industrielles. Toutes ne sont pas capables de répondre aux attentes de Bombardier, de Boeing ou d'Airbus. Et puis, la fusion aura également un impact sur notre manière de communiquer.

Comment se manifestera cette orientation?

Nous parlerons désormais d'une seule voix auprès des gouvernements et dans nos représentations auprès des élus. Nous mettrons au point des outils de communication pour promouvoir les PME, comme un site web et un journal orientés vers les petites entreprises. Nous envisageons de créer une communauté numérique d'affaires avec les PME. Concrètement, cela permettrait d'organiser des webinaires, où les gens seraient formés en ligne. Nous décernerons également le prix de la PME de l'année, ce que l'AQA faisait jusqu'à présent.

L'aérospatiale

- 42 000 emplois

- 212 entreprises

- Ventes en 2011 : 11,7 milliards

- Croissance annuelle moyenne des ventes 1990/2011 : 6%

- Premier exportateur québécois : 9,3 milliards

- 12,3% des exportations québécoises

- 4400 ingénieurs spécialisés en aéronautique/aérospatiale

- 6400 ingénieurs spécialisés en électronique travaillent dans l'aéronautique

N.B. À noter: les diplômés ne travaillent pas tous dans le domaine de l'aérospatiale.

Deux organisations qui comptent

AQA (Association québécoise de l'aérospatiale)

- Créée en 1997

- Président du CA: Guillermo Alonso (Alta Précision)

- Mission: promouvoir et favoriser le développement des affaires des PME membres

- Effectifs : 230 membres (dont 130 PME spécialisées en fabrication) Source : AQA

Aéro Montréal (Grappe aérospatiale du Québec)

- Créée en 2006

- Président du CA: Gilles Labbé (Héroux-Devtech)

- Mission: augmenter la cohésion et optimiser la compétitivité, la croissance et le rayonnement de la grappe

- Effectifs : plus de 300 inscriptions* à l'annuaire d'Aéro Montréal

*Acteurs du secteur aérospatial québécois (entreprises, associations, institutions d'enseignement, centres de recherche, associations, syndicats)

Source : Aéro Montréal, Rapport d'activité 2011