La grande majorité des investisseurs (72%) estime qu'il est essentiel d'investir dans des fonds communs de placement pour atteindre leurs objectifs de retraite.

Nathalie Côté, collaboration spéciale LA PRESSE

Toutefois, sept Québécois sur dix âgés de 45 à 64 ans n'ont pas de programme de planification financière, révèlent deux sondages réalisés en mai et en octobre par TD Waterhouse.

Résultat: certains préretraités et retraités ne savent pas trop où en sont leurs finances et peuvent investir dans des produits mal adaptés à leur situation.

Aucune recette magique n'existe malheureusement quand vient le temps d'investir dans des fonds communs de placement. L'approche doit absolument tenir compte de l'âge de la personne, de sa situation financière et de sa tolérance au risque. La première chose à faire est de consulter un professionnel de la planification financière, insiste Richard La Ferrière, chef de région, planification financière pour le Québec, TD Waterhouse.

De manière générale, on suggère une plus grande prudence aux investisseurs à l'approche de la retraite.

À partir de 55 ou 60 ans, il faut entrer en «phase de préservation», tout en ayant des revenus de placement, selon M. La Ferrière. «On peut aller vers des fonds communs de placement moins volatils, qui ont une plus grande portion d'obligations et moins de titres de croissance dans des domaines qui fluctuent beaucoup», mentionne-t-il.

Couper la poire... en trois

Miser sur trois «bas de laine» différents en fonction de ses besoins à court, moyen et long terme est une stratégie intéressante.

«Si un retraité dit qu'il aura besoin de 30 000$ de ses REER annuellement pour les trois prochaines années, par exemple, on va placer 90 000$ dans un placement très SÛR à court terme», explique André Lacasse, directeur développement des affaires au Centre financier de la Montérégie et représentant en épargne collective pour SFL Placement. Si une correction boursière survient, ses économies (et ses nerfs!) seront davantage épargnées.

Ensuite, une autre partie peut être placée en fonction d'un objectif de 3 à 6 ans. Enfin, le reste sera investi dans des fonds plus risqués, mais offrant habituellement de meilleurs rendements. Ils auront le temps de reprendre du poil de la bête, si nécessaire.

Pour ceux qui n'aiment pas se casser la tête, certains fonds ajustent automatiquement le niveau de risque à l'âge prévu de la retraite. Plus simple, certes, il faut néanmoins s'assurer qu'ils correspondent réellement à nos besoins, conseille M. Lacasse.

Avant de choisir un fonds commun de placement, les investisseurs ne devraient pas hésiter à poser beaucoup de questions, notamment, sur les frais de gestion.

«Certains fonds ont une base garantie, mais les frais de gestion sont excessivement élevés, fait remarquer M. La Ferrière. Aussi, plus le portefeuille va être risqué et géré activement, plus le ratio de frais de gestion va être élevé.»

S'appauvrir avec les placements garantis

Par ailleurs, plusieurs ont encore frais en mémoire le souvenir des pertes de 2008, même si la situation s'est redressée depuis. Avec le ralentissement économique, des préretraités et retraités peuvent être inquiets, mais ils doivent éviter de pécher par excès de prudence.

Mettre tout leur argent dans des produits sans risque pourrait leur faire perdre gros.

«Actuellement, avec les taux des certificats de placement garanti, ce qui est garanti, c'est l'appauvrissement», lance M. Lacasse.

Selon lui, trop de gens négligent de tenir compte de l'inflation, plus élevée que les intérêts versés en ce moment. À long terme, cela peut représenter une perte considérable du pouvoir d'achat.