Pour le commun des mortels - c'est-à-dire vous et moi -, les fonds communs demeurent l'outil de placement boursier le plus facilement accessible et le plus courant.

Marc Tison LA PRESSE

Mais en ces temps incertains, l'épargnant inquiet est aussi déprimé que les marchés boursiers. Il ne trouve aucune matière à rire dans le niveau risible des taux d'intérêt. Le marché obligataire le nargue en plafonnant.

Bref, l'horizon semble bouché.

Mais tout n'est ni noir ni perdu.

«Il existe encore dans le marché des entreprises solides, affirme Richard La Ferrière, chef de région, Planification financière pour le Québec, chez TD Waterhouse. Quand on revient à la base de l'investissement, il y a encore beaucoup d'entreprises qui font de l'argent, qui émettent des obligations de très haute qualité.»

Pas de panique, il faut garder le cap, avise-t-il. «Le risque de sortir du marché, c'est d'avoir un rendement qui, après impôt et inflation, sera négatif.»

Il recommande de poser des questions à son conseiller sur la qualité des fonds détenus et de vérifier avec lui si la répartition des actifs est toujours appropriée.

«Malgré les soubresauts et la volatilité, est-ce que je dois continuer sur la même voie? Est-ce que je dois modifier les proportions de mon portefeuille?»

En somme, dit-il, «il est important de retourner à la planche à dessin».

Encore faut-il qu'il y ait une planche à dessin. Beaucoup d'épargnants parvenus en milieu de vie investissent dans des fonds communs sans définir leurs objectifs.

Un récent sondage de TD Waterhouse montre que sept Québécois sur 10 âgés de 45 à 64 ans n'ont aucun programme de planification financière.

Retour à l'équilibre

Pour Martin Dupras, propriétaire de ConFor financiers et président du conseil d'administration de l'Institut québécois de planification financière, la question de l'instabilité actuelle des marchés se présente selon deux cas de figure.

Les épargnants qui commencent à investir dans les fonds communs peuvent songer à mettre prudemment le pied dans l'étrier boursier.

«Si on suppose par exemple que ma tolérance dicte une concentration de 60% en actions, je tendrais vers cette proportion, mais progressivement», explique-t-il.

Aux investisseurs qui ont déjà souffert, il recommande une révision de leur tolérance au risque. «C'est un concept central en investissement, mais qui est difficile à quantifier», observe-t-il.

En effet, on peut être bravache pendant l'ascension de montagnes russes, mais c'est dans la descente qu'on mesure sa véritable tolérance au vertige. Sommes-nous demeurés aussi imperturbables que nous pensions l'être en période de croissance?

Si le niveau de risque prévu dans le plan initial est toujours approprié, il s'agira de s'assurer que le portefeuille correspond encore à ce programme.

Pour retrouver les proportions prévues à l'origine, peut-être faudrait-il par exemple déplacer des sommes de son fonds d'obligations vers son fonds d'actions - un geste héroïque, par les temps qui courent.

Fonds équilibrés

À ce propos, Martin Dupras remet en question la pratique de détenir six ou sept fonds différents dans son portefeuille.

«Ça fait sexy sur son relevé, mais dans les faits, ce n'est pas efficace parce que très peu de gens ont le temps, la discipline, l'intérêt et les connaissances pour réévaluer leur portefeuille et ajuster sa répartition.»

Le bon vieux fonds équilibré présente justement l'avantage de modifier périodiquement la répartition des actifs selon l'évolution des marchés. «Le rééquilibrage se fait automatiquement, et le gestionnaire qui le fait n'a pas nos états d'âme», souligne Martin Dupras.

Il répète le conseil bien connu et toujours approprié: vérifiez à combien s'élèvent les frais de gestion de vos fonds. L'écart entre des frais de 2% et de 2,3% ne cause pas d'urticaire quand un fonds procure un rendement de 10%, mais plus le rendement est faible, plus cet écart démange l'investisseur.

Tenez bon.