Entreprises branchées: nouvelle ère de connexions

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Ulysse Bergeron

Collaboration spéciale

La Presse

Compteurs d'eau et tracteurs. Montres et électroménagers. Vêtements et thermostats. Plus de 25 milliards d'objets seront connectés à l'internet d'ici 2020.

«L'internet des objets est ce qui, à mon avis, se rapproche le plus d'une révolution depuis l'arrivée de l'internet ou des téléphones mobiles», estime Frédéric Bastien, cofondateur et PDG de Mnubo. L'entreprise montréalaise stocke des données et conçoit des logiciels pour traiter les données issues de cette connexion.

L'internet des objets (IdO) - Internet of things en anglais - réfère à l'extension du réseau des réseaux à des objets qui ne font traditionnellement pas partie de l'univers virtuel.

Résultat: d'ici peu, l'humanité entrera dans cet univers hyper connecté où une multitude d'objets communiqueront entre eux, du téléphone intelligent à la voiture, de l'électroménager au thermostat. Autant de transferts de données qui, pour les tenants de l'innovation, faciliteront notre quotidien.

«S'il est difficile d'évaluer le nombre d'objets qui seront branchés, on peut penser que les personnes qui ont actuellement accès à l'internet seront propriétaires de trois à cinq objets connectés d'ici quelques années», indique Nauby Jacob, v.-p. Produits, Services et Contenu chez Bell Mobilité.

Une révolution pour les entreprises

Déjà, les «gadgets» - comme les lunettes Google Glass - font couler beaucoup d'encre. Toutefois, ce sont les entreprises qui devraient en tirer les bénéfices les plus tangibles, note Frédéric Bastien.

«Ça risque de changer considérablement la donne. L'IdO va leur permettre de mieux planifier leurs activités et, du coup, d'augmenter leur productivité», résume-t-il.

L'IdO devrait particulièrement faciliter la production et la gestion des secteurs de l'énergie et des ressources naturelles, mais également rendre plus efficaces les chaînes d'approvisionnement et le transport des marchandises.

Nauby Jacob et Frédéric Bastien s'entendent sur un point: l'ensemble des secteurs embarquera dans le train de l'IdO, à des degrés divers.

«On peut penser aussi bien aux fermes intelligentes qu'à l'éolien, pour lesquels des capteurs permettraient d'optimiser la production des poulets ou de déceler les conditions de vent favorables et préparer le réseau en conséquence», dit Frédéric Bastien.

Déjà, des assureurs automobiles canadiens ont recours à la télématique pour évaluer la conduite de leurs clients et adapter des rabais en conséquence. Une façon de faire qui pourrait bien s'étendre à l'assurance habitation et l'assurance maladie au cours des prochaines années.

Uniformisation

L'IdO a clairement la cote. Près de 20% des grandes entreprises y investissent aujourd'hui, contre 17% l'an passé, selon une étude de PWC publiée en juillet dernier.

Plus important encore, le marché s'organise. En juillet, l'Open Interconnect Consortium a vu le jour. L'organisation, qui regroupe les plus grands du secteur - Samsung, Intel, Dell, Cisco, Acer et McAfee, etc. -, s'est donné pour objectif de définir les normes qui permettront la connexion de milliards d'objets, quel que soit leur système d'exploitation, le type de terminal ou la technologie sans fil utilisée.

Parallèlement, des géants du secteur multiplient les acquisitions afin de se positionner adéquatement sur l'échiquier de l'IdO. C'est le cas de Google qui a, dans les derniers mois, acquis Nest Labs - une californienne spécialisée dans la synchronisation WiFi de thermostats - et Dropcam, entreprise oeuvrant dans la vidéosurveillance.

«L'IdO n'est pas une tendance qu'on envisage, mais bien une réalité qui s'installe et sur laquelle nous travaillons», indique Nauby Jacob, de Bell Mobilité.

La multiplication des "unités" connectées

«Les objets connectés entreront dans notre quotidien plus rapidement que ne l'ont fait les téléphones intelligents et les tablettes», indique Nauby Jacob, v.-p. Produits, Services et Contenu chez Bell Mobilité. Et les prévisions à ce sujet lui donnent raison. BI Intelligence estime que le nombre d'unités branchées à l'internet devrait bondir de 1,9 milliard à 9 milliards d'ici 2018. Cette quantité représentera l'équivalent de l'ensemble des téléphones intelligents, tablettes, ordinateurs portables et vestimentaires sur le marché. Les cabinets qui analysent le secteur y vont de leurs prévisions. Gartner estime à 26 milliards le nombre d'unités branchées à l'internet d'ici 2020, alors qu'IDC l'estime à 30 milliards et Idate à... 80 milliards!




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