Un nouveau courant de pensée souffle sur la Mauricie. Des entrepreneurs créent des PME, établissent des partenariats et se mobilisent pour créer de la richesse. « C'est un pas dans la bonne direction », observent les entrepreneurs Chantal Rochette, coactionnaire de la firme FAB3R, et Maxim Gélinas, à la tête de la firme Aspasie.

Publié le 18 févr. 2016
Yvon Laprade LA PRESSE

LA MAURICIE

Population active : 129 000 personnes (janvier 2016)

Taux de chômage : 7,9 % (2015)

Revenu disponible par habitant : 23 543 $ (2014)

Province de Québec :

Population active : 4 444 700 (janvier 2016)

Taux de chômage : 7,6 % (janvier 2016)

Revenu disponible par habitant : 26 046 $ (2014)

Source : Statistique Canada et Institut de la statistique du Québec

MENTALITÉS

« Le tissu industriel change en Mauricie et ça s'accélère, observe Chantal Rochette, coactionnaire de FAB3R, qui fabrique des pièces de grandes dimensions pour les centrales hydro-électriques et les papetières. On demande maintenant aux PME de prendre le relais de la grande industrie. C'est la voie à emprunter. » La directrice du développement des affaires prêche par l'exemple. À l'automne 2013, elle s'est associée à deux dirigeants de l'entreprise pour acquérir l'usine de Trois-Rivières, alors menacée de fermeture. « On y croyait, dit-elle avec le recul. Et notre décision a permis de préserver 150 emplois. » Les défis sont de taille, toutefois. « Nous continuons de manquer de main-d'oeuvre qualifiée, notamment pour des emplois spécialisés à la production. Il faut valoriser les métiers. » Chantal Rochette constate que la Mauricie n'échappe pas au phénomène du vieillissement de la population. « Il faut attirer plus de jeunes pour qu'ils puissent prendre la relève », résume-t-elle.

DÉFIS

« Il nous reste du chemin à parcourir ! », reconnaît d'emblée Mario De Tilly, directeur général d'Innovation et Développement économique de Trois-Rivières. Mais le portrait d'ensemble est beaucoup moins noir qu'il ne l'était il y a cinq ans. Les principaux acteurs économiques de la région viennent d'ailleurs d'établir leurs grandes priorités. L'objectif a le mérite d'être clair : d'ici à deux ans, selon eux, la Mauricie aura gagné quelques rangs au classement général des régions du Québec, avec une nouvelle vigueur économique. Cela passera obligatoirement, dit Mario De Tilly, par une diversification de l'économie et par un partenariat avec ses « voisins », de l'autre côté du fleuve Saint-Laurent. « Nous devons travailler de pair avec Bécancour, qui possède une zone industrielle de premier plan », souligne-t-il. En poste depuis moins d'un an, il estime que le plus grand défi sera d'attirer des entreprises.

VISION

Il y a cinq ans, à l'âge de 35 ans, Maxim Gélinas a pris la relève de l'entreprise familiale fondée par ses parents au début des années 70. « C'est certain qu'on a des défis à relever en Mauricie, constate l'entrepreneur qui dirige une PME de 200 employés, avec une usine à Trois-Rivières et deux autres à Maskinongé. Et ces changements doivent passer par la PME, c'est la voie à suivre. » Le président de la firme Aspasie, qui évolue entre autres dans l'industrie de l'emballage plastique, souhaite qu'on cesse de voir la Mauricie comme une région qui tire de la patte. « Nous avons une qualité de vie et les outils nécessaires pour faire lever de nouveaux projets. Mais il faut le faire savoir », insiste-t-il. Il fait partie de cette nouvelle génération d'entrepreneurs qui croient que l'économie régionale ne doit plus dépendre des « grosses compagnies syndiquées » qui font partie du passé industriel de la Mauricie.

FORCES

« Nous prenons résolument le virage entrepreneurial, observe Luc Arvisais, responsable, Division développement économique à la Ville de Shawinigan. Nous développons des créneaux dans le numérique et l'électronique. La firme CGI vient de s'installer chez nous. C'est 300 emplois de plus dans la région. » La Mauricie, constate-t-il, dispose des moyens nécessaires pour accompagner les entrepreneurs qui ont des idées. « C'est ici, par exemple, qu'on retrouve les deux seuls fabricants de bornes de recharge pour les autos électriques pour tout le Québec. Il se passe des choses intéressantes dans la filière de l'électrification des transports électriques. » Luc Arvisais estime que ces « nouveaux emplois » amènent déjà un vent de renouveau. Il vante en outre la contribution des établissements d'enseignement, comme l'UQTR et le collège de Shawinigan, qui « font des efforts considérables » pour adapter des formations en fonction des nouveaux besoins du marché.

CHIFFRES

Cinq grands employeurs du secteur privé :

Marmen : 900 employés

Distribution toiture mauricienne : 800 employés

Kruger : 700 employés

Cogeco Câble : 550 employés

Canadel : 550 employés

Trois grands secteurs d'activité :

Soins de santé et assistance sociale : 17 665 emplois

Fabrication : 17 385 emplois

Commerce de détail : 16 390 emplois

Source : Statistique Canada

Nombre de parcs industriels: 13

Sièges sociaux dans la région:

Marmen, Trois-Rivières

Technologies Bionest, Grand-Mère

Meubles Canadel, Louiseville