Les produits de la pomme à valeur ajoutée (cidres, mistelles, moûts, tartes, etc.) ont redonné un second souffle à l'industrie québécoise de la pomiculture.

Stéphane Champagne, collaboration spéciale LA PRESSE

Est-ce une raison pour délaisser la production à grande échelle? Non, croit Vincent Gadbois.

Le pomiculteur de Rougemont a choisi de se concentrer exclusivement sur la culture de ce fruit ferme et juteux. Son rêve: que le Québec soit parmi les meilleurs producteurs de pommes au monde.

«Le Québec est en concurrence avec la planète. Comme la pomme est un fruit qui voyage très bien, il faut être les meilleurs. Il n'y a pas de raison qu'on ne le soit pas. Surtout que la pomme demeurera toujours un produit de commodité. Les gens veulent des pommes fraîches à l'année», explique Vincent Gadbois, dont la famille cultive des pommes depuis cinq générations.

Pour offrir des pommes croquantes à l'année, le président de La Fruiteraie des Gadbois possède ses propres salles d'entreposage à atmosphère contrôlée. Les AC, comme on les appelle, ralentissent le mûrissement des fruits et permettent d'avoir des pommes juteuses et non farineuses 52 semaines par année.

Mais Vincent Gadbois, qui exploite un verger de 18 hectares, va plus loin. Il a été le premier au Canada à se doter d'un prérefroidisseur à l'eau glacée.

«Avant, même dans une salle AC, certains fruits pouvaient prendre deux semaines avant d'arrêter de mûrir. Avec l'eau glacée, la température de tous les fruits descend à 3 degrés Celsius en 25 minutes. Il n'y a pratiquement plus de pertes», dit celui qui est présent à l'année au marché public de Drummondville, où il vend 80% de sa production.

La Fédération des pomiculteurs du Québec (FPQ) travaille dans le même sens que Vincent Gadbois.

Forte de 563 producteurs, la FPQ cherche à reprendre 10% du marché de la pomme fraîche vendu au Québec. Actuellement, la pomme d'ici accapare entre 50% et 55%. Les autres 45% sont importés, majoritairement de l'état de Washington sur la côte ouest américaine.

La FPQ veut notamment miser sur de nouvelles variétés, notamment la Honey Crisp, une pomme à chair très sucrée.

«Nous avons déjà commencé à réduire la culture de la MacIntosh. Elle représente encore 65% de la production québécoise. Il y a quatre variétés de pommes québécoises offertes à l'année; nous aimerions qu'il y en ait six en y ajoutant la HoneyCrisp et la Gala», explique Daniel Ruel, directeur général de la Fédération des producteurs de pommes du Québec.

Les deux productions fruitières les plus importantes au Québec sont la culture de la pomme et celle des petits fruits. Voici la valeur des fruits produits dans la Belle Province. Ces chiffres fournis par le MAPAQ datent de 2009. Ils sont tous à la hausse, sauf pour la canneberge et le bleuet sauvage.

LES FRUITS DU QUÉBEC

(en millions de dollars)

> Pommes: 46,4

> Canneberges: 39,0

> Fraises: 31,5

> Bleuets sauvages (ou nains): 25,7

> Framboises: 5,7

> Bleuets en corymbe: 4,0

> Raisins: 1,9