Fort d’un récent investissement de 1 million par Fondaction, le fabricant de plaquettes de frein pour éoliennes Freins Kuma se prépare à s’attaquer au marché européen et à développer de nouveaux produits. Un pari potentiellement payant.

Publié le 24 mai
Simon Lord Collaboration spéciale

Freins Kuma a été lancée en 2010 à Gaspé. Le développement des plaquettes de frein a pris cinq ans, alors l’entreprise n’a commencé à commercialiser ses produits qu’en 2015. Mais depuis, sa croissance a été robuste.

D’un chiffre d’affaires de 75 000 $ en 2017, l’entreprise a vu ses ventes passer à 350 000 $ l’année suivante, puis à 1,1 million, 1,5 million et 2,0 millions respectivement les trois années suivantes. Cette année, l’entreprise prévoit engranger des revenus de 2,5 millions.

Christian Babin, président fondateur de Freins Kuma, ne s’attend à rien de moins comme croissance pour les années à venir. « Pour la suite des choses, j’ai en tête 25 % à 30 % de croissance par année », évalue-t-il. Comment y arriver ?

Cap sur l’Europe

Actuellement, environ 90 % des produits de Freins Kuma sont exportés aux États-Unis. Seul fabricant de plaquettes de frein pour éoliennes en Amérique du Nord, note Christian Babin, l’entreprise veut toutefois maintenant tirer avantage de l’investissement de Fondaction pour développer les marchés outre-Atlantique.

PHOTO FOURNIE PAR FREINS KUMA

Christian Babin, président fondateur de Freins Kuma

On veut vendre en Europe. On a visité la France, l’Espagne, la Suisse et l’Allemagne. Mais il faudra adapter notre approche. Ici, c’est beaucoup les prix qui comptent. On évalue la qualité en deuxième. Là-bas, c’est l’inverse.

Christian Babin, président fondateur de Freins Kuma

Comme l’entreprise est en pleine expansion, une partie des fonds investis servira également à l’achat d’équipements de production. Ceux-ci devraient permettre à l’entreprise d’augmenter sa production pour répondre à la demande.

Le défi de la distance

L’usine de Freins Kuma est hautement automatisée. Cela signifie que l’entreprise est relativement peu touchée par la pénurie de main-d’œuvre qui rend la vie difficile à plusieurs entreprises du secteur manufacturier.

« On a actuellement 11 employés, dont 4 à la production, dit le fondateur. Mais on pourra facilement doubler la production avec la même équipe, ou la tripler en employant seulement de deux à quatre personnes de plus. C’est pour les ingénieurs que c’est parfois plus difficile. »

L’entreprise gaspésienne essaie donc d’attirer du personnel qualifié, quand elle recrute, en misant sur les attraits de sa région et l’unicité de son entreprise.

« À Gaspé, le centre de ski est proche, le voilier est à côté, on a un bel automne et on n’a pas de canicule durant l’été, illustre Christian Babin. Et comme on est une entreprise unique, leader au pays, on offre aussi des défis qui sont hors du commun. On essaie de faire valoir nos atouts. »

C’est d’ailleurs grâce à ses talents de persuasion que Freins Kuma a récemment réussi à convaincre deux ingénieurs d’aller s’installer dans la région pour travailler dans son équipe. Et elle en cherche actuellement un autre.

Des freins pour les trains

Les fonds de Fondaction serviront aussi à développer de nouveaux produits.

Pour le moment, Freins Kuma s’applique à concevoir des freins de trains de marchandises. Mais ce n’est qu’un début.

« On veut aussi créer des systèmes de freinage dans l’industriel, explique Christian Babin. Pensons à des convoyeurs miniers, à des broyeurs ou à des ascenseurs. L’investissement est arrivé au bon moment ! »

Que fabrique Freins Kuma, exactement ?

Que ce soit pour effectuer des travaux, pour prévenir une rotation trop rapide lors de grands vents, ou en raison d’un bris ou d’un incendie, les pales des éoliennes doivent parfois être freinées. Le système de freinage d’une éolienne fonctionne un peu comme celui d’une voiture, sauf que le disque mesure 1 mètre de diamètre, l’étrier pèse 450 livres et les plaquettes de frein, comme celles que fabrique Freins Kuma, font 25 livres chacune.