Traiter les eaux usées afin de produire de l’eau propre. Transformer les déchets pour en faire de nouvelles sources d’énergie. Les projets verts ne manquent pas chez Terragon Environnement, une PME montréalaise de 35 employés, dont certains étaient présents à la COP26 de Glasgow.

Yvon Laprade
Yvon Laprade Collaboration spéciale

« Nous venons d’emménager dans de nouveaux locaux [de l’avenue du Parc] », souligne Norman Spencer, directeur général de l’entreprise techno fondée en 2004 par l’ingénieur chimique Peter Tsantrizos.

Pour « atteindre les objectifs du marché », Terragon prévoit hausser son effectif de 50 % au cours de la prochaine année. « Nous évoluons dans un secteur qui offre un fort potentiel, précise le directeur général. Nous voulons répondre à la demande de nos clients, soucieux de mieux gérer leurs déchets, de mieux traiter les eaux usées. »

Il a lui-même été embauché, en février dernier, pour accélérer la « commercialisation des technologies vertes », non seulement pour les clients locaux, mais également à l’international.

Signe que les dirigeants de l’entreprise prennent leur rôle au sérieux, Norman Spencer signale qu’il a délégué « une petite équipe » d’observateurs à la COP26, la conférence des Nations unies sur le climat qui vient de se terminer à Glasgow.

« Nous avons la chance de travailler dans une entreprise familiale très motivée par les technologies vertes, insiste-t-il. On sait que la planète croule sous les déchets et on voit les opportunités se dessiner. »

Nous avons toujours consacré beaucoup d’efforts en matière de recherche et de développement pour en arriver à des solutions innovantes. Et nous avons la chance de pouvoir compter sur un solide réseau de partenaires sous-traitants pour la fabrication des équipements.

Norman Spencer, directeur général de Terragon Environnement

Transport maritime et communautés isolées

On aura compris que Terragon Environnement, lauréate au gala des Prix performance Québec, propose des solutions clés en main à ses clients qui n’ont pas les outils – et l’expertise – pour disposer convenablement de matières résiduelles, ou encore de matières dangereuses et fortement contaminées.

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE TERRAGON ENVIRONNEMENT

Un équipement de Terragon Environnement

« On installe des systèmes de traitement dans les bateaux, notamment les navires de croisière, explique le directeur général. Nous avons dans ce marché une portée internationale, que ce soit en Europe, en Asie, en Amérique du Sud. Au Canada, nous avons des liens avec la Garde côtière. »

« On intervient également dans les communautés éloignées, dans le Grand Nord québécois, qui ne sont pas desservies par des systèmes de traitement des eaux, les égouts, le service de ramassage des déchets », ajoute-t-il.

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE TERRAGON ENVIRONNEMENT

Des employés de Terragon Environnement au travail

Ce qu’on vise, ultimement, c’est d’éviter l’enfouissement des déchets ou leur incinération. On fait la valorisation énergétique des déchets, on permet aux communautés de devenir autonomes.

Norman Spencer, directeur général de Terragon Environnement

Les masques et les uniformes anti-COVID-19

Les équipes de production travaillent en outre sur un « projet à l’interne » qui a donné, jusqu’à maintenant, des « résultats extrêmement prometteurs », cette fois pour disposer des masques anti-COVID-19 et des uniformes de protection utilisés par le personnel de la santé depuis le début de la crise sanitaire.

« Nous, on offre une autre façon de s’en débarrasser, sans avoir recours à l’incinération, qui est un moyen très polluant, soumet-il. On voit les problèmes qui se posent et on veut agir en temps réel pour apporter des solutions concrètes. »

Il faut croire que cette façon de voir les choses – et de brasser des affaires tout en se souciant de la couche d’ozone – est bien perçue par les clients et partenaires de la PME.

« Nous essayons de travailler main dans la main avec eux, et ça fonctionne », souligne-t-il.