Pour donner encore plus de sens à la philanthropie, les grandes fondations ont tout avantage à « travailler en collaboration pour trouver des solutions durables » dans le domaine de la santé, plaide Yannick Elliott, vice-président au développement philanthropique à la Fondation de l’Institut de cardiologie de Montréal. Survol des tendances.

Yvon Laprade
Yvon Laprade Collaboration spéciale

« L’approche silo est révolue, on l’a vu avec la pandémie, donne Yannick Elliott en exemple. Les compagnies pharmaceutiques ont travaillé dans le même sens pour développer des vaccins et elles y sont arrivées en l’espace d’un an. Il faut aller dans cette direction. »

Tout en concédant que cette façon de faire demeure « encore très embryonnaire », il croit qu’il faut « valoriser ce modèle d’affaires » permettant de faire avancer la recherche pour « enlever de la pression sur le système de la santé ».

« Les grandes fondations ont un rôle important à jouer [pour solutionner] les enjeux de société, c’est certain, soumet-il. On s’attend à ce qu’elles élaborent des stratégies favorisant [des initiatives] qui vont donner des résultats concrets. Ça fait partie des tendances. Mais il y en a bien d’autres, tout aussi importantes. »

Nouvelles tendances

D’entrée de jeu, le vice-président confirme que les donateurs, qu’il s’agisse de fondations ou d’individus, s’attendent à ce qu’on communique clairement, avec des « histoires concrètes de personnes qui ont été soignées » grâce aux sommes recueillies pour la recherche.

« En d’autres termes, quand on touche le cœur, les gens comprennent l’importance de continuer de contribuer », donne-t-il en exemple.

À ce propos, il constate que « la culture philanthropique vit un bel essor » au Québec depuis quelques années, avec une conscientisation toujours plus grande de donner à des fondations.

On parle de dons planifiés. On parle aussi de legs testamentaires, d’assurance vie. Ce sont des gens qui souhaitent poursuivre leur œuvre philanthropique [après leur mort]. On voit des patients qui ont été traités à l’Institut de cardiologie et qui décident de laisser une portion de leurs avoirs [financiers] à la Fondation, lors de la rédaction de leur testament.

Yannick Elliott, vice-président au développement philanthropique à la Fondation de l’Institut de cardiologie de Montréal

Et qui sont les donateurs ?

À cette question, le vice-président répond que c’est la règle du 80-20 qui s’applique. « Nous estimons que 80 % des dons proviennent de fondations et de grands donateurs, et 20 % de dons provenant de plus petits donateurs », dit-il.

Un grand donateur pourra contribuer à hauteur de 1 million sur une période de cinq ans. Un petit donateur versera en moyenne une centaine de dollars annuellement.

« Il est important de maintenir les liens de fidélité tant avec les grands qu’avec les plus petits, insiste-t-il. Quelqu’un qui donne 100 $ par année pourrait, un jour, faire une contribution de 5000 $, et bien davantage, avec les années. »

L’importance de la transparence

Et qu’en est-il de la transparence ?

Voilà un autre enjeu d’une très grande importance, opine Yannick Elliott.

« On veut que l’argent recueilli serve à la recherche et à l’aide aux patients, expose-t-il. On envoie des infolettres à nos donateurs pour leur expliquer à quoi servent leurs dons, qu’on pense à l’achat d’un appareil spécialisé. »

Il ajoute, en conclusion : « Tout cela est une question de transparence. Les gens nous font confiance, et nous tenons à ce que les liens demeurent solides au fil des années. »