7000 : c’est le nombre impressionnant d’heures de services pro bono que Novalex aura offert en 2021. Portrait d’un cabinet d’avocats pas comme les autres, qui place la philanthropie au cœur de sa mission d’affaires.

Emilie Laperrière
Emilie Laperrière Collaboration spéciale

Après avoir travaillé pour de grandes firmes d’avocats nationales, Ryan Hillier et Sophie Tremblay ont fondé Novalex en 2016 sur le modèle « un pour un ». Pour chaque heure de services juridiques facturée à un client, la firme donne une heure de travail pro bono (des conseils juridiques offerts gratuitement).

Si ça peut sembler beaucoup, Ryan Hillier affirme que le modèle est viable financièrement, en particulier parce qu’ils ont réduit leurs coûts d’exploitation. « Au lieu d’investir dans des bureaux très luxueux dans une tour du centre-ville, avec des planchers en marbre et des tableaux de Riopelle sur les murs, nous avons gardé ça minimaliste », explique le cofondateur.

Novalex est en effet nichée à quelques minutes des gratte-ciel montréalais, dans le quartier Griffintown, et dans des espaces relativement modestes. L’entreprise a par ailleurs adopté une politique work from anywhere, de sorte que ses avocats et employés travaillent d’où ils veulent.

À la fin de l’année, chacun des 26 avocats aura offert en 2021 l’équivalent de 33,6 jours de services pro bono à des personnes à faible revenu, à des organismes à but non lucratif (OBNL) et à des entreprises à vocation sociale.

Faire une différence

Au-delà de cette initiative, la philanthropie fait partie de l’ADN de Novalex, même si Ryan Hillier lui préfère un autre terme. « J’aime mieux parler d’impact social, dit-il. On a créé le cabinet dans le but de redonner au suivant. On voulait créer un milieu de travail humain qui fait bénéficier tout le monde des mêmes services de qualité. »

Presque tous les membres de la firme participent également à des causes qui leur tiennent à cœur ou qui sont importantes aux yeux de leurs clients. « Certains avocats travaillent de jour tant sur les dossiers commerciaux que pro bono et de soir, ils siègent à des conseils d’administration d’OBNL ou participent à des comités de campagnes de souscription pour des hôpitaux », illustre celui qui siège depuis peu au C.A. de l’organisme Les petits frères.

Cette façon de faire a en outre permis à l’entreprise d’attirer des talents provenant des grands cabinets.

Notre mission a pris tout son sens depuis le début de la pandémie, qui a amené des avocats à se demander pourquoi ils avaient choisi le droit en premier lieu. Dans la plupart des cas, c’était pour aider leur prochain à comprendre et faire valoir leurs droits. Ils ont ici l’opportunité d’avoir le meilleur des deux mondes, des dossiers d’envergure et du pro bono.

Ryan Hillier, cofondateur de Novalex

Novalex Nord

Ryan Hillier est particulièrement fier de leur plus récent projet, Novalex Nord, qui étendra le modèle « un pour un » au Nunavik. « Concrètement, c’est une prise en charge en continu des dossiers de résidants et d’organisations dans le nord du Québec qui n’auraient pas les moyens de se payer un avocat », résume-t-il.

Pandémie oblige, les consultations et les présences à la cour se font pour l’instant virtuellement. En collaboration avec le Centre de justice de proximité du Nunavik, le ministère de la Justice du Québec et la Société Makivik, l’équipe planche principalement sur des questions de droit familial, pénal ou du logement.

Si Novalex essaie de rendre la justice accessible, Ryan Hillier précise qu’il n’est qu’un acteur parmi tant d’autres. « On veut donner l’exemple, mais c’est ensemble qu’on va arriver à régler ce problème critique. »