Michelle Boivin s’est investie dans un stage de plusieurs mois au Consortium de recherche sur la pomme de terre du Québec (CRPTQ). Elle fait partie des milliers d’étudiants postsecondaires qui réalisent des stages d’innovation chaque année grâce au programme Mitacs.

Samuel Larochelle
Samuel Larochelle Collaboration spéciale

Jusqu’à tout récemment étudiante à la maîtrise en biologie cellulaire et moléculaire à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), la jeune femme de 25 ans était emballée à l’idée de faire de la recherche appliquée dans le monde de la pomme de terre.

« Le projet de recherche était clairement fait pour moi, explique-t-elle. Notre objectif est de développer une alternative aux produits de synthèse chimiques et très néfastes qui sont utilisés dans l’entreposage, afin de limiter la germination et le développement de maladies. On veut les remplacer par des produits biosourcés faits à partir d’écorces. »

Coup de main essentiel

Elle a été jumelée au CRPTQ et à ses partenaires par l’un des coordonnateurs régionaux de Mitacs, qui repèrent les projets de recherche et autorisent les stages. « En plus de répondre au besoin d’innovation des entreprises, le programme améliore leurs liens avec les établissements d’enseignement, alors que les étudiants vivent de belles expériences qui leur permettent un bon transfert de connaissances », explique André Doré, directeur au développement de la relève, secteur science et innovation, au ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec, qui finance le programme avec le gouvernement fédéral et les entreprises impliquées.

Les étudiants sélectionnés peuvent être inscrits dans une technique au cégep, au baccalauréat, à la maîtrise, au doctorat ou au postdoctorat. Depuis 2017, et ce, pendant cinq ans, 12 725 stages seront rendus possibles grâce au programme.

Il y a une volonté de poursuivre au-delà de 2022 au gouvernement du Québec, mais il reste à voir à quelle hauteur. On veut atteindre de plus en plus de PME et diversifier les entreprises qui bénéficient du programme.

André Doré, directeur au développement de la relève, secteur science et innovation, au ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec

Les dirigeants de Mitacs pourront compter sur des ambassadeurs comme Michelle Boivin, qui ne tarit pas d’éloges sur son expérience. « Ça m’a tout donné, s’exclame-t-elle. Durant 18 mois, j’ai acquis des compétences techniques et personnelles : mon autonomie, ma débrouillardise, ma capacité à gérer des projets et à développer mon réseau de contacts, sans oublier que je me suis trouvé un emploi de chercheuse chez Innofibre à la fin de mes études, en mars 2021. »

Sur le terrain

Partenaire du CRPTQ, Innofibre a choisi de poursuivre son chemin avec la stagiaire qui connaît très bien le projet de recherche. « Je suis contente de continuer ce que j’avais entrepris durant mon stage, affirme Michelle Boivin. Au terme de la première phase, nous avons développé un produit à base d’écorce d’épinette noire qui a bien fonctionné. Maintenant, on veut le tester avec plus de variétés de pommes de terre et vérifier si l’impact est plus grand sur le goût et plusieurs autres variables. »

Elle a d’ailleurs pris contact avec Mitacs pour intégrer d’autres étudiants au projet. « J’aimerais redonner à un autre étudiant la chance que j’ai eue. »