Première université fondée au Québec, McGill fête son 200e anniversaire cette année, mais c’est en 1829 que son premier programme a été lancé. C’était le doctorat en médecine. En 1833, William Leslie Logie en a été le premier diplômé et il a été le seul et unique diplômé de McGill cette année-là. La formation qu’il a reçue est évidemment loin de celle offerte aujourd’hui.

Martine Letarte
Martine Letarte Collaboration spéciale

Avant la création de la première faculté de médecine au Québec, les médecins apprenaient leur profession grâce à un système d’apprentis, raconte David Eidelman, doyen de la faculté de médecine et de sciences sociales de l’Université McGill. « Les fondateurs avaient été formés en Écosse et à Paris, où la formation en médecine était bien établie, et c’est ce modèle qu’ils ont instauré à Montréal », explique-t-il.

Puis la formation a évolué, et au début des années 1900, elle ressemblait davantage à celle offerte aux États-Unis. « Il s’agissait d’une formation sensiblement comme celle qu’on a aujourd’hui, composée d’un cursus scientifique suivi d’une exposition clinique », illustre le DEidelman.

C’était donc le début des résidences. Il raconte qu’au départ, chaque hôpital avait son programme. Les résidents y habitaient, prenaient en charge les patients et les médecins des cabinets privés venaient les voir.

Mais avec la complexification de la médecine, la résidence est devenue de plus en plus importante, tant pour les médecins spécialistes que pour les omnipraticiens. « La résidence est maintenant bien encadrée par les gouvernements provincial et fédéral, puis gérée par l’Université, et elle permet aux résidents de suivre de près les changements technologiques dans les milieux de pratique », précise le DEidelman.

S’adapter aux technologies

L’avancement technologique a donc un grand impact sur l’évolution du programme de médecine. « Par exemple, après la Seconde Guerre mondiale, l’arrivée des anesthésiques modernes a permis d’élever le niveau des chirurgies et il a fallu adapter la formation des médecins », raconte le DEidelman.

Diplômé de McGill en 1979, il peut d’ailleurs témoigner de l’évolution de la formation depuis 45 ans. Par exemple, David Eidelman se souvient que lorsqu’il était étudiant, il y avait un seul appareil de tomodensitométrie (CT scan) au Canada et il servait pour le crâne seulement.

Un autre exemple est l’échographie.

À l’époque où j’étais étudiant, l’échographie était utilisée pour le cœur et on commençait à l’utiliser pour les femmes enceintes, mais ce n’était pas répandu. Maintenant, tous nos étudiants de première année apprennent à utiliser l’échographie pour réaliser l’examen physique rapide d’un patient.

David Eidelman, doyen de la faculté de médecine et de sciences sociales de l’Université McGill

Suivre l’évolution des besoins de la société

Un comité évalue en continu le programme de médecine à McGill et les ajustements se réalisent graduellement, en suivant les changements technologiques et sociaux. Par exemple, maintenant, les étudiants en médecine sont formés pour travailler en collaboration avec les autres professionnels de la santé. « On a vu d’ailleurs avec la COVID-19 combien les équipes sont importantes dans les hôpitaux », affirme le DEidelman.

Aussi McGill a-t-elle ouvert un campus en Outaouais pour répondre à des besoins de formation dans cette région. Le doctorat en médecine y est offert pour la deuxième année et l’enseignement y est donné en français.

« Notre responsabilité est de répondre aux besoins de la population et dans cette région. Elle est francophone, alors il était logique pour nous d’offrir l’enseignement en français. »