Metal7 vend dans 20 pays ses équipements de haute performance utilisés dans l’industrie minière. Rivalisant d’ingéniosité pour se démarquer, l’entreprise établie à Sept-Îles met actuellement au point six produits destinés aux usines de traitement de minerai de fer pour améliorer la productivité et l’efficacité énergétique.

Samuel Larochelle
Samuel Larochelle Collaboration spéciale

La PME ne lésine pas sur les investissements en recherche et développement. « Pour chaque nouveau produit, on investit entre 300 000 et 500 000 $ », dit Steve Beaudin, directeur corporatif innovation.

L’innovation est dans l’ADN de l’entreprise, d’abord connue sous le nom d’Atelier d’usinage Sept-Îles. À partir de 1974, le fondateur Arthur Leblanc offrait des services d’usinage et de soudure aux minières sur la Côte-Nord.

Au milieu des années 1980, l’importante crise dans le marché du minerai de fer l’a poussé à chercher un moyen de se démarquer des autres fabricants. « En lisant sur les procédés de projection thermique de minces couches de métal ou de céramique sur des équipements en aérospatiale, il a eu l’idée d’utiliser le procédé sur les équipements du domaine minier pour améliorer leur efficacité et leur durabilité », résume M. Beaudin. Avec une machine spécialisée et l’aide d’ingénieurs chercheurs, il a lancé un laboratoire de recherche.

PHOTO FOURNIE PAR METAL7

Comme on vit au rythme de l’industrie minière, il faut trouver des moyens pour survivre aux périodes plus difficiles. On doit se démarquer et trouver des niches pour que le monde s’ouvre à nous.

Steve Beaudin, directeur corporatif innovation chez Metal7

Peu à peu, l’innovation de M. Leblanc a généré des contrats ailleurs au Québec, aux États-Unis, en Suède et aux Pays-Bas. Le succès international a poussé l’entrepreneur à changer le nom de son entreprise pour Metal7.

Depuis, plusieurs pays (Brésil, Mexique, Chili, Ukraine, Russie, Inde) se sont ajoutés à son carnet d’affaires. Si bien que la PME exporte plus de 70 % de sa production annuelle à l’extérieur du Canada. « Ça demande une logistique de transport un peu complexe, puisque nos produits voyagent par voie terrestre jusqu’à Montréal, avant de partir par navire vers l’étranger, mais ça se fait très bien. »

Avantage et inconvénient de la région

Brasser des affaires loin des grands centres n’est pas un problème pour Metal7. « Au contraire, c’est un gros avantage de se retrouver au cœur d’une région minière. La plupart des entreprises minières sont à la fois nos clients et nos partenaires pour développer de nouvelles solutions. Ce sont comme de gros laboratoires. »

L’entreprise est néanmoins aux prises avec des problèmes de main-d’œuvre. « C’est un problème à la grandeur du Québec, mais c’est peut-être plus intense ici et dans les autres régions loin des grands centres urbains. »

En contexte de grande croissance depuis cinq ans, Metal7 est dans un combat constant pour pourvoir certains postes (machinistes, mécaniciens, soudeurs, journaliers). « Quelques postes techniques sont plus difficiles à pourvoir, mais on s’en tire bien. On n’a pas l’habitude de refuser un contrat faute de personnel. Mais parfois, on repousse légèrement un délai de livraison, en profitant d’une très bonne compréhension de nos clients. »

En période d’embauche, le directeur applique le principe qui guide l’entreprise en affaires : la nécessité de se démarquer. Au-delà des salaires intéressants et des bons avantages sociaux, Metal7 mise sur sa culture d’entreprise. « On essaie de faire rayonner cette culture, pour que les gens voient comment on travaille. C’est plaisant et motivant d’être chez nous. Et comme on est en croissance, ça permet aux employés qui le désirent d’évoluer dans l’entreprise et de profiter d’occasions au niveau local et international. »

L’entreprise prend également le virage technologique. « Cela implique l’ajout d’équipements de fabrication de haute technologie, la robotisation et l’automatisation. Tous ces éléments de modernisation sont attractifs pour nos employés. »