« Il y a de la job là-dedans pour tout le monde, ça, c’est sûr ! » Pour Steven Joubert, étudiant en génie électrique de 24 ans, l’industrie du transport électrique représente une alléchante promesse d’emploi.

Rafael Miró
Rafael Miró Collaboration spéciale

« On a toujours dit que les voitures électriques, c’était l’avenir. Mais là, ce n’est plus tellement l’avenir que ça, il y en a déjà qui roulent dans les rues ! », illustre l’étudiant de Polytechnique Montréal, qui entame une maîtrise en génie électrique.

Si Steven Joubert et nombre de ses confrères font le choix de se spécialiser dans le domaine des transports électriques, c’est que l’industrie est particulièrement vivace au Québec. L’abondance d’énergie verte, les recherches menées par Hydro-Québec dans les dernières décennies et la volonté du gouvernement Legault de pousser l’électrification des transports font de la province un pôle d’intérêt pour le secteur.

Les étudiants ont énormément d’emplois qui les attendent, que ce soit dans les multinationales ou dans les jeunes entreprises qui abondent au Québec.

L’importance des concours étudiants

Dans l’industrie du transport électrique, les compétitions étudiantes constituent d’importants rendez-vous pour mettre en contact les aspirants ingénieurs et les patrons de l’industrie. Chaque année, l’État du Michigan est l’hôte d’une compétition, la Formule SAE, qui rassemble une centaine d’universités nord-américaines et européennes. Les équipes conçoivent leur propre bolide et le font participer à des courses de vitesse et d’endurance, en plus de présenter un plan d’affaires à un jury.

Signe des temps, alors que cette course ne faisait concourir à l’origine que des voitures à essence, elle a désormais un volet réservé aux véhicules électriques, qui est de plus en plus populaire. L’équipe de Polytechnique, qui a été l’une des premières à présenter une voiture électrique en 2009, a complètement laissé tomber la voiture à essence en 2019.

C’est la troisième année que Steven Joubert s’investira dans l’équipe de Polytechnique : épaulé par une trentaine de collègues, il y consacrera des centaines d’heures en plus de ses études. « Ça permet de travailler sur du concret, alors qu’à l’école, c’est assez rare ! »

Se démarquer

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

L’équipe de Polytechnique a été l’une des premières à présenter une voiture électrique à la compétition Formule SAE en 2009. Elle a complètement laissé tomber la voiture à essence en 2019.

Le club dispose d’un local informatique sur le campus, mais surtout d’un impressionnant atelier situé dans un hangar à Pointe-Saint-Charles. Son engin y côtoie toutes les créations des autres « sociétés techniques » de Polytechnique : une voiture solaire, un bateau, un sous-marin, des fusées, des avions-cargos... « Quand la saison des concours approche, c’est plein en permanence », raconte Steven Joubert.

Il s’investit par plaisir, mais aussi par nécessité. « La plupart des gens qui sont embauchés sont passés par les sociétés techniques avant », explique-t-il.

Des cadres de l’industrie se rendent chaque année aux courses de la Formule SAE pour participer aux jurys et dénicher de nouveaux talents.

Steven Joubert a lui-même été recruté, l’an dernier, pour faire un stage chez Lion électrique, qui construit des autobus et des camions électriques. S’il aimerait dans l’avenir travailler pour des sociétés québécoises, son ambition à long terme serait de fonder sa propre entreprise. Pour sa maîtrise, il s’est justement spécialisé dans l’étude des moteurs.

« On pense beaucoup aux entreprises qui construisent des véhicules finis, mais en fait, il y a aussi un grand besoin pour des fournisseurs de composants », illustre-t-il.