Une entreprise de ventilation dont le siège social est à Salaberry-de-Valleyfield qui a des contrats dans le Grand Nord ? Surprenant, mais cela fait plus de 10 ans que Nicolas Charland, propriétaire de Nouvel Air 2001, s’affaire à développer ce marché de niche.

Julie Roy Collaboration spéciale

« Nous avons été interpellés par une association inuite qui cherchait une entreprise avec la certification internationale NADCA. Le travail consistait à effectuer des travaux d’entretien de conduites de ventilation dans une garderie dans un village du Grand Nord. C’est comme cela que tout a commencé », se souvient l’homme d’affaires.

Cette première aventure a toutefois posé un important défi logistique, puisque travailler dans le Nord, loin de tout, exige une organisation hors de l’ordinaire. « On a mis des heures à tout penser. Il a fallu affréter un avion et acheter de nouveaux équipements pour tout monter là-haut, pour un total de plus de 1000 livres de matériel, sans parler du personnel. Cela représente un investissement de plus de 150 000 $ », affirme Nicolas Charland.

PHOTO FOURNIE PAR NICOLAS CHARLAND

Un village du Grand Nord

La « piqûre » du Nord

Le premier contrat terminé, Nicolas Charland a eu envie de répéter l’aventure, car comme il le dit lui-même, il a « attrapé la piqûre ». « Une fois que tu réalises comment les villageois fonctionnent, c’est plus simple d’établir les contacts. Aussi, les gens sont heureux de nous voir. Ce sont des personnes chaleureuses qui s’entraident énormément. C’est un autre monde et j’ai toujours hâte d’y retourner », témoigne-t-il.

Son souhait a été exaucé, puisqu’il accumule les contrats. Maisons, établissements de santé, écoles ont recours à lui et à son équipe pour des mises à niveau et des travaux de décontamination.

PHOTO FOURNIE PAR NICOLAS CHARLAND

Nicolas Charland, président de Nouvel Air 2001

Je me suis fait connaître, je vais même cogner aux maisons. Dans les villages nordiques, tout le monde chauffe au mazout, ce qui veut dire que toutes les conduites doivent un jour ou l’autre être entretenues comme l’exigent les normes.

Nicolas Charland, président de Nouvel Air 2001

Le défi de l’hébergement

À la fin du mois de mai, la neige fond tranquillement dans les villages de Salluit, Puvirnituq et Inukjuaq où il travaille. L’homme est heureux, mais avoue qu’il faut des nerfs solides lorsqu’on s’éloigne aussi loin des grands centres. Il se souvient d’avoir dû retarder un voyage de retour pendant trois jours, coincé dans sa chambre en raison d’une tempête de neige. « Les départs et les retours peuvent toujours être décalés. »

Autres défis : l’hébergement, le transport et la fameuse COVID-19. « Le taux d’occupation est de 100 % cette année en raison des mesures sanitaires et nous avons dû partir avant la fin de contrat quand tout a commencé pour préserver la santé des gens. »

Par le passé, la situation n’était guère plus simple. « Nous sommes déjà venus en plein hiver pour pouvoir résider dans un camp de travailleurs qui était vide. La location de véhicules n’est pas facile non plus. Il arrive que nous louions un camion à un Innu. Il faut aussi penser à apporter des pièces de rechange pour notre équipement parce qu’il n’y a pas de grands centres de distribution proches. »

Son conseil : être bien préparé avant de partir. « Il faut vraiment être en mesure de se débrouiller pour réussir dans le Nord. »

Partir avant l’arrivée des moustiques

En ce moment, Nicolas Charland termine un contrat dans des résidences. Le soir, il s’occupe de tâches administratives et regarde Netflix, car même à Puvirnituq, au Nunavik, l’internet est offert. « On oublie le cellulaire, et appeler quelqu’un dans un autre village à partir d’une cabine téléphonique, vous pouvez facilement payer 12 $ la minute. L’internet fonctionne bien et c’est un excellent moyen de communication. » D’ailleurs, pendant qu’il est dans le Nord, le patron demeure toujours en contact avec son équipe restée dans le Sud et peut compter sur des collaborateurs dans ses tâches.

Son retour ? Il espère revenir auprès de sa famille au début du mois de juillet, avant l’arrivée des moustiques, aussi féroces que l’hiver là-bas, et il sera de retour bien assez tôt pour terminer ses engagements.