Les équipes de sécurité civile pourront bientôt installer un pont d’aluminium en moins de quatre heures afin de composer avec les ravages d’un désastre naturel. Innovation de l’entreprise québécoise MAADI Group, le pont portatif a le potentiel de sauver des vies et de faire épargner temps et argent.

Samuel Larochelle Samuel Larochelle
Collaboration spéciale

Jusqu’à tout récemment, le marché offrait d’étroits ponts d’assaut militaire pour les piétons ou de larges ponts conçus pour les blindés, mais rien entre les deux. Il y a cinq ans, la PME a donc entrepris la conception d’un pont de 24 m qu’on peut désassembler et transporter dans un petit conteneur. « Tout se trouve à l’intérieur : les manuels d’instruction, le pont, le système de lancement et une petite remorque pour le déplacer », explique le président, Alexandre de la Chevrotière, diplômé en génie mécanique et spécialiste en architecture navale.

Aucun équipement supplémentaire n’est requis pour assembler et installer le pont, mais il faut 12 personnes pour assembler le tout.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Alexandre de la Chevrotière, président de MAADI Group

À partir du moment où on ouvre la porte du conteneur, ça prend entre trois et quatre heures pour finaliser le tout, avec une équipe qui l’a déjà monté une fois auparavant.

Alexandre de la Chevrotière, président de MAADI Group

L’innovation a été développée avec le soutien financier et l’expertise du Centre québécois de recherche et développement de l’aluminium (CQRDA). « C’est un projet qui a coûté des centaines de milliers de dollars à développer. Heureusement, on collabore avec le centre depuis longtemps. MAADI Group a souvent bénéficié de leurs conseils technologiques dans le passé. »

Testé par l’armée

Les Forces armées canadiennes ont elles aussi contribué à la mise au point du prototype. En octobre 2020, plusieurs tests ont été effectués à la base militaire de Petawawa, en Ontario. « Les spécialistes du département de génie militaire l’ont testé durant une semaine. Ils ont produit un rapport de 75 pages confirmant la facilité du montage et son utilité dans l’industrie, tant militaire que civile. Notre pont répond à une gamme de produits inexistante », dit Alexandre de la Chevrotière.

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MAADI Group va plus que doubler son espace de fabrication.

Une stratégie de mise en marché sera progressivement déployée, afin de rejoindre les départements de sécurité civile des villes, des provinces et des États au Canada, aux États-Unis et dans les Caraïbes. À l’heure actuelle, l’entrepreneur est déjà sûr de trouver preneurs. « En décembre 2019, nous sommes allés en Allemagne pour présenter le pont aux membres de l’OTAN et à certains autres pays invités. La réponse a été extrêmement positive ! On a senti un gros intérêt de la part d’Israël, de l’armée hollandaise et d’une grande compagnie britannique. »

Voyant le potentiel du pont portatif, réutilisable et résistant aux intempéries, il a décidé d’investir pour construire une usine intelligente à Varennes. « On va bientôt passer d’un espace de 11 000 pi2 à une usine de 26 000 pi2. On va aussi accueillir un robot soudeur en juin prochain et on prévoit engager une dizaine de travailleurs qui se joindront à notre équipe, qui en compte 25 actuellement. »