Malgré tous les impacts économiques qu’a pu causer la COVID-19, il semble bien que les capitaux nécessaires au fonctionnement de l’économie ne manqueront pas, et que le financement à court terme a été et demeurera disponible, bien que peut-être plus coûteux pour certains.

JEan Gagnon
Collaboration spéciale

Les prêts adossés à des actifs ou à des créances ont toujours été un mode de financement privilégié par les entreprises ayant des besoins à court terme, explique Luc Morin, associé au bureau de Montréal de Norton Rose Fulbright. Les entreprises financent ainsi leurs comptes clients pour certaines ou leurs stocks pour d’autres. « Ce sont des financements faciles à mettre en place, et qui nécessitent peu de tâches administratives », dit M. Morin. Les banques et les entreprises de prêts sont les principaux prêteurs.

Mais la COVID-19 est venue compliquer les choses. Par exemple, nombre de commerces ont dû fermer boutique durant certaines périodes et se sont ainsi retrouvés avec des stocks qui ne se vendaient plus. Sur le marché des prêts adossés à des actifs, on n’accordait plus la même valeur aux stocks donnés en garantie. Ainsi, pour les entreprises, ces financements d’inventaires devenaient plus onéreux. Les entreprises offrant des produits sujets à la saisonnalité ont été le plus durement frappées.

Le gouvernement prend la relève

Le gouvernement est alors venu soutenir les entreprises avec son Programme d’action concertée temporaire pour les entreprises (PACTE). Ce nouveau financement d’urgence administré par Investissement Québec visait justement à soutenir les entreprises touchées par les répercussions de la COVID-19 sur leurs liquidités.

Sans cette action du gouvernement, les banques et les compagnies de prêts seraient demeurées les principaux acteurs du financement à court terme, mais les liquidités offertes auraient été moindres compte tenu d’une baisse de valorisation des stocks.

Luc Morin, associé au bureau de Montréal de Norton Rose Fulbright

Fonds de croissance de PME

La pandémie a certainement eu un effet rapide et dévastateur sur la croissance économique, surtout au deuxième trimestre 2020. Mais la reprise s’est ensuite amorcée, et il semble bien que les entreprises québécoises ne manqueront pas de capitaux pour en profiter. Les investisseurs, semble-t-il, seront au rendez-vous.

La Banque Nationale, à la suite d’une entente avec le ministère de l’Économie et de l’Innovation, vient de lancer un nouveau Fonds de croissance PME de 200 millions de dollars afin de participer au capital-actions de PME québécoises pour appuyer les entrepreneurs dans leurs projets de croissance et de transformation, explique Luc Ménard, vice-président directeur et chef des placements privés à la Banque Nationale du Canada.

« Le Fonds investit principalement dans le capital-actions des entreprises, car le gouvernement voulait entre autres mettre l’accent sur la qualité du bilan de celles-ci », dit Luc Ménard. De plus, les investissements du Fonds viseront principalement la reprise manufacturière et industrielle. On évitera les secteurs de l’immobilier, de la finance et du commerce.

La création de ce fonds signale un intérêt certain pour des fonds de placement privés, souligne Luc Ménard. Il s’agit du premier fonds de ce genre pour la Banque Nationale, et il espère bien qu’il y en aura d’autres.