Fersten Mondial, spécialisée dans les vêtements corporatifs et les produits promotionnels, a vu ses activités s’arrêter brusquement avec l’éclatement de la pandémie. Mais rapidement, elle a su saisir une occasion d’affaires grâce aux contacts de son président, Mitchell Fersten. L’entreprise a obtenu une commande importante de masques KN95 pour une agence gouvernementale américaine. Mais encore fallait-il obtenir des fonds pour prendre ce virage. Parcours.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

Dans la folie de mars 2020, Fersten cherchait à faire produire une grande quantité de masques KN95 dans une usine chinoise approuvée par les États-Unis.

« Grâce à des relations de confiance établies avec des intervenants chinois depuis de nombreuses années, nous avons réussi à trouver une usine, à faire surveiller la production de près et à obtenir un suivi au jour le jour », raconte Angela Sorbo, directrice des finances de Fersten.

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Mitchell Fersten et Angela Sorbo, respectivement président et directrice des finances de Fersten Mondial

Pour réaliser ce projet, l’entreprise devait obtenir du financement pour payer ses fournisseurs chinois. De plus, le temps pressait.

« Nous avions déjà une relation bien établie avec Dalila Laghmati, qui s’occupe de notre dossier chez Investissement Québec, alors nous l’avons appelée, elle a été à l’écoute de nos besoins et nous avons obtenu le financement rapidement », affirme Angela Sorbo.

Prendre des risques

C’est à travers le Programme d’action concertée temporaire pour les entreprises (PACTE) qu’Investissement Québec a aidé Fersten à réaliser ce projet.

« Nous avons accordé le prêt parce que nous connaissions bien l’entreprise, qu’elle avait un contrat signé et que nous savions qu’elle serait capable de livrer la marchandise », explique Bernard Rousseau, directeur régional principal, Montréal, pour Investissement Québec.

Il fallait tout de même être prêt à prendre des risques pour se lancer dans cette aventure qui nécessitait de faire affaire avec la Chine pour produire de l’équipement de protection individuelle que tous les pays s’arrachaient au début de la pandémie.

Il y a toujours une part de risque lorsqu’on fait des affaires, mais le client était une agence américaine bien connue et nos fournisseurs chinois avaient gagné notre confiance. Si on se laisse contrôler par la peur, on ne fera jamais rien.

Angela Sorbo, directrice des finances, Fersten Mondial

Aussi, il était évident qu’une entreprise comme Fersten, active dans les produits promotionnels, n’allait pas voir ses activités habituelles reprendre rapidement.

« Avec la pandémie, les entreprises ramenaient au minimum leurs dépenses en marketing, et il était évident que ce serait l’une des dernières choses qui reprendrait, alors il fallait trouver une solution pour que cette entreprise survive à la crise », affirme Bernard Rousseau en précisant que la majorité des demandes des entreprises pour le PACTE ont été réglées en moins de 10 jours.

Virage réussi

Le virage était tout de même à 180 degrés. « Plusieurs entreprises ont déplacé leurs ventes, par exemple des restaurants aux épiceries, mais Fersten a complètement changé de secteur », précise Bernard Rousseau.

Finalement, l’aventure s’est bien déroulée. « Nous avons terminé notre exercice financier avec des ventes en hausse de 40 % par rapport à l’année d’avant », se réjouit Mme Sorbo.

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L’entreprise reprend également tranquillement la fabrication de vêtements corporatifs et de produits promotionnels.

Et ce n’est pas terminé. « Nous avons créé une nouvelle entreprise, Ferst Care PPE Canada, dédiée à la fabrication et à l’importation d’instruments médicaux dont nous assurons la vente et la distribution, indique la directrice des finances. Nous avons déjà reçu des commandes. Puis, pour Fersten Mondial, nous voyons que le marché des produits promotionnels commence à reprendre tranquillement. Nous avons confiance pour la suite des choses. »

Dans la région de Montréal, pas moins de 100 millions de dollars ont été versés par le PACTE dans un total de 200 dossiers. Au Québec, c’est plus de 760 millions de dollars qui ont été accordés sur un portefeuille total de 2,5 milliards. « Il est encore possible de déposer des demandes », précise Bernard Rousseau.