Alors que bien des PME de l’aérospatiale continuent d’écoper, la firme Placeteco, de Shawinigan, parvient à tirer son épingle du jeu en misant sur la « haute précision » des systèmes d’intérieur qu’elle fabrique pour deux de ses deux plus importants clients : Bombardier et Bell Hélicoptère.

Yvon Laprade
Yvon Laprade Collaboration spéciale

« Nous avons été chanceux, jusqu’à présent, reconnaît Mario Gauthier, PDG de cette PME de 50 employés. [Depuis le début de la pandémie], nous n’avons jamais cessé la production [de pièces d’intérieur pour les avions d’affaires et les hélicoptères]. »

Comme bien d’autres dirigeants de PME, il souhaite ardemment – et impatiemment – qu’Ottawa vienne en aide à l’industrie québécoise de l’aérospatiale. Et il ne cache pas qu’à défaut d’une intervention du gouvernement fédéral – « comme le font les autres pays dans le monde » – le risque est grand de « perdre » la main-d’œuvre qualifiée qui a été formée à grands frais au cours des dernières années.

« Il faut envoyer un signal très clair que notre industrie va redécoller et qu’il y aura de nouveau de belles perspectives d’emploi », fait-il valoir.

Une aide « essentielle »

En espérant une aide qu’il juge « essentielle » pour le redéploiement de cette industrie en temps de crise, Mario Gauthier voit à ce que son entreprise remplisse ses mandats auprès de Bell Hélicoptère et de Bombardier, principalement pour les avions d’affaires.

« Nous avons toujours livré nos pièces à temps, et avec un souci de la qualité, insiste le PDG. C’était comme ça avant la crise. Ce l’est plus que jamais ; tous nos employés en sont pleinement conscients. »

Mais la partie n’est pas gagnée, soulève le président, qui demeure prudent sur la suite des choses.

« Jusqu’à maintenant, nous avons été moins durement frappés par la crise parce que notre principal marché, ce sont les avions d’affaires – entre autres le Global 7500, de Bombardier », soumet-il.

Nous avons réussi à limiter les mises à pied malgré une baisse de volume de nos activités. C’est certain que la subvention fédérale à l’emploi y a contribué.

Mario Gauthier, PDG de Placeteco

Il ne manque pas de rappeler, sur un autre registre, les liens commerciaux qui unissent son entreprise et le géant américain Bell Helicopter, établi à Houston, au Texas.

« Nous produisons des pièces pour des hélicoptères à multivocations, que ce soit pour le transport de patients, pour la surveillance policière, ou encore pour des fins militaires, pour l’Armée américaine, notamment », souligne-t-il.

C’est d’ailleurs ce qui a valu à Placeteco d’être reconnue comme entreprise fournissant des services essentiels, au début de la pandémie.

« Si nous sommes demeurés ouverts à compter de la mi-mars, alors que d’autres entreprises fermaient, c’est principalement pour cette raison, résume le PDG. Nous en avons tiré avantage. »