La famille Laquerre produit du lait depuis sept générations. Pour assurer la terre à ses futurs petits-enfants, Sylvain Laquerre, le grand-papa de la famille, a décidé dans les années 1980 de prendre un tournant écoresponsable. Et depuis, il ne cesse d’innover afin de produire du lait et des céréales, tout en protégeant sa terre et l’environnement.

Sandra Sirois Collaboration spéciale

Les Laquerre produisent du lait depuis 1812. « À la fin des années 1980, explique Sylvain Laquerre, on a décidé de se renseigner sur de nouvelles pratiques lorsque la population a commencé à se questionner sur l’utilisation des pesticides et des insecticides. » Avec un petit groupe de producteurs, il a suivi des formations agricoles afin de changer ses façons de faire.

Pendant dix ans, l’agriculteur a évolué par étapes en commençant à moins labourer sa terre, pour ensuite utiliser des outils moins polluants et arrêter complètement de travailler le sol en 2006. Labourer permet d’aérer le sol et d’accélérer la décomposition de la matière organique. Ainsi, l’année suivante, la terre est souvent plus fertile. Par contre, le CO2 s’échappe du sol et se retrouve dans l’air, en plus des émissions de gaz à effet de serre produites par le tracteur. Ne pas labourer permet d’accumuler les matières fertilisantes pour garder sa terre fertile plus longtemps, explique l’agriculteur. Pour aider ses récoltes, Sylvain Laquerre compense par des vers de terre qui décomposeront naturellement le fumier à la place.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Sylvain Laquerre, de la ferme Sylvain Laquerre à Saint-Casimir

600 arbres pour un couloir faunique

L’an dernier, Sylvain Laquerre et ses fils ont planté 600 arbres sur leur terrain afin de créer un couloir faunique. Selon le fermier, en plus d’absorber le gaz carbonique, les arbres servent d’abris pour les oiseaux qui s’occuperont de manger les insectes dans les champs. Grâce aux oiseaux, le producteur n’utilise presque plus de pesticides. Les arbres permettent aussi de couper le vent, ce qui évite l’érosion et permet à la neige de s’accumuler sur la terre plus longtemps, ce qui la protège davantage des gels. La rotation des plantes et la culture intercalaire, dont le but est de faire pousser différents plants dans un champ afin d’éviter la pousse de mauvaises herbes, font aussi partie des initiatives de l’agriculteur.

« Pour moi, la sauvegarde de l’environnement, c’est aussi important que le bien-être des animaux », affirme-t-il. Ses vaches sont notamment libres d’aller à l’extérieur de l’étable comme bon leur semble. En plus d’assurer un avenir à ses enfants, les initiatives environnementales ont permis à l’agriculteur d’épargner beaucoup d’argent. Sylvain Laquerre estime économiser au moins 20 000 $ par année en carburant, simplement en ayant arrêté de labourer. De plus, le producteur offre une alimentation plus équilibrée à ses vaches, ce qui leur permet d’émettre 20 % moins de méthane dans l’air.

La ferme Sylvain Laquerre en bref

Année de fondation : 1812
Nombre de vaches et de veaux pour la production de lait : 180
Nombre de litres de lait produits par année : 1,2 million
Nombre de tonnes de grains produites par année : 400