Le groupe minier Rio Tinto s’est inspiré de ce qui se fait dans le secteur agroalimentaire pour réduire son impact sur l’environnement. En injectant 250 millions dans la mise en service d’une usine de filtration et d’optimisation des résidus de bauxite à sa raffinerie d’alumine Vaudreuil, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’entreprise favorise l’économie circulaire.

Stéphane Champagne Stéphane Champagne
Collaboration spéciale

Les filtres-presses sont largement utilisés en agroalimentaire, notamment dans la fabrication du vin. Afin de réduire son empreinte écologique, Rio Tinto s’est dotée de quatre presses de 85 tonnes munies de plaques avec pression hydraulique afin de compresser et revaloriser les résidus de bauxite issus de la fabrication d’alumine.

Ces résidus, qui prennent la forme de terreau ou de compost, doivent être asséchés avant leur entreposage et leur valorisation. Ce processus de séchage prenait jusqu’à trois ans. Désormais, grâce à la technologie utilisée par Rio Tinto, ce processus d’assèchement ne prend que… 17 minutes.

L’assèchement permet de réduire notre empreinte de surface. Et le fait que les résidus soient secs à 74 % leur donne une valeur ajoutée. Ce type de résidus, et sa qualité, sont recherchés entre autres dans les cimenteries.

Martin Lavoie, directeur des opérations, usine Vaudreuil et installations portuaires et services ferroviaires pour Rio Tinto

Cette démarche facilite la réhabilitation du site et permet à Rio Tinto de poursuivre ses activités pour encore plusieurs années. « On prolonge la durée de vie du site, qui soutient 1000 emplois dans la région », dit M. Lavoie.

L’usine de filtration et d’optimisation de résidus de bauxite, dont la mise en service a débuté en 2019, est actuellement fonctionnelle à 50 %. Elle aura atteint sa pleine capacité d’ici la fin de 2020.

Martin Lavoie fait valoir que Rio Tinto a la capacité de filtrer et de valoriser tous ses résidus de bauxite.

Autre élément intéressant, selon Martin Lavoie : les résidus de bauxite contiennent du gallium et du scandium, lesquels font partie du groupe des terres rares. « Ça ne représente que 1 % des résidus, mais quand même », dit-il.

Dans le top 3 mondial

Les installations de Rio Tinto au Saguenay–Lac-Saint-Jean présentent encore à ce jour les meilleures performances environnementales de son industrie, soutient M. Lavoie.

Sur les 120 usines d’alumine dans le monde, on est dans le top 3 en termes d’efficacité énergétique.

Martin Lavoie, directeur des opérations, usine Vaudreuil et installations portuaires et services ferroviaires pour Rio Tinto

Par ailleurs, Rio Tinto dispose d’une équipe dont le rôle est de revaloriser quelque 400 000 tonnes de résidus issus de ses installations au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

PHOTO FOURNIE PAR RIO TINTO ALUMINIUM

Rio Tinto travaille en partenariat avec l’Université Laval et l’Université du Québec à Chicoutimi pour mieux comprendre le rôle que peut jouer l’anhydrite dans la croissance des bleuets et d’autres cultures, comme celle des pommes de terre.

Qu’il s’agisse d’anhydrite (ou sulfate de calcium), de soude caustique ou d’oxyde de fer, l’objectif est de leur trouver une seconde vie, rappelle Stéphane Poirier, chef de service Valorisation et commercialisation des sous-produits.

« Certains sous-produits, dit-il, sont revalorisés dans nos propres usines ou ils sont utilisés en agriculture [notamment dans la culture de la pomme de terre et des bleuets], dans les cimenteries ou dans le secteur de la construction. Québec Circulaire nous a remis un prix à cet égard. »