Les sciences de la vie et des technologies de la santé (SVTS) connaissent une croissance continue depuis quelques années en raison de l’augmentation des besoins en santé et du vieillissement de la population. La COVID-19 a toutefois rendu ce secteur plus visible que jamais. Regard en quatre chiffres sur un secteur qui façonne nos soins de santé.

Julie Roy
Collaboration spéciale

Cinq grands types d’entreprise

Même si le départ des grandes entreprises pharmaceutiques il y a quelques années a fait mal, le secteur des SVTS est en vie plus que jamais. La province est d’ailleurs la première au Canada en matière d’innovation pour le nombre de brevets, les fonds de recherche publique et les dépenses totales en recherche, selon Montréal Invivo. Le secteur se divise en cinq grands types d’entreprise : les sociétés pharmaceutiques, les biotechnologies, les technologies de la santé/dispositifs médicaux (conception, développement, fabrication et commercialisation de matériel médical), la recherche et fabrication contractuelles (développement, fabrication et mise en marché des versions génériques de médicaments dont les brevets sont échus) et la santé numérique, qui comprend l’intelligence artificielle (IA) en sciences de la vie.

56 000 emplois

Selon Montréal Invivo, le secteur fait vivre 56 000 travailleurs, ce qui comprend 40 000 emplois directs répartis dans 450 entreprises et 150 centres de recherche dans le Grand Montréal, sans parler des 55 entreprises liées à l’intelligence artificielle. C’est Montréal qui tire le plus grand profit de ce secteur, car il compte 80 % des travailleurs. Au sujet de l’emploi, Frank Béraud, président de Montréal Invivo, explique que ce secteur est relativement en équilibre même si certaines professions comme celle de biochimiste présentent un excès de professionnels, tandis que d’autres secteurs, en particulier celui de l’intelligence artificielle, connaissent une forte croissance. « Notre solution est d’offrir de la formation continue à la carte afin que les professionnels en place acquièrent de nouvelles connaissances qui vont être utiles dans le secteur de la santé numérique. »

6300 diplômés par année

Uniquement à Montréal, huit établissements d’enseignement supérieur proposent des programmes en sciences de la vie. En tout, chaque année, ce sont 6300 diplômés dans ce secteur qui quittent les bancs d’école pour intégrer le marché du travail. Des données qui placent le Québec au 6e rang en Amérique du Nord pour le nombre d’établissements d’enseignement et pour la masse de diplômés au doctorat, selon Montréal Invivo.

1,6 % du PIB du Québec

Les organisations du secteur génèrent 1,6 % du produit intérieur brut (PIB) québécois, soit 5,6 milliards de dollars. Si le Québec se démarque à plusieurs égards, notamment pour ses faibles coûts d’exploitation, il se classe globalement au 10e rang du top 15 nord-américain de l’industrie de pointe des sciences de la vie. La province détient un avantage de coût de 24 % par rapport à la moyenne des autres territoires d’Amérique du Nord, mais fait également belle figure au chapitre de l’attraction des investissements directs étrangers. Uniquement pour la première moitié de l’année, les investissements seraient de l’ordre de 173 millions, selon Montréal Invivo et le ministère des Finances du Québec.