Malgré l’éclosion de la COVID-19 depuis le début de l’année, le marché des Fonds négociés en bourse (FNB) n’a pas ralenti sa croissance, bien au contraire.

Jean Gagnon
Collaboration spéciale

Selon les données d’Investor Economics, l’actif sous gestion est passé de 185 milliards au 31 août 2019 à 237 milliards un an plus tard, une augmentation de 28 %. Entre janvier et août 2020, l’actif sous gestion a augmenté de 15,4 % comparativement à une hausse de 9,6 % pour la même période en 2019.

Toutefois, un ralentissement des ventes nettes au cours de l’été ainsi qu’une préférence relative pour les fonds d’obligations semblent indiquer que les investisseurs deviennent plus prudents. En effet, alors que les ventes nettes dans les fonds d’action ont été plus de deux fois supérieures à celles des fonds d’obligations depuis le début de l’année, cette tendance s’est inversée depuis deux mois, alors que les ventes nettes de fonds d’obligations ont surpassé celles des fonds d’action.

La présence des institutions financières sur le marché des FNB ne cesse de s’accroître, ce qui pourrait expliquer en partie l’appétit pour les FNB d’obligations, note Alain Desbiens, directeur des ventes de FNB BMO. Depuis deux ans, l’actif des FNB détenu par des institutions financières est passé de 33 % à 37 % de l’actif total.

Moins de risque

Chez BMO, le deuxième plus important manufacturier de FNB au Canada, les ventes nettes au cours du mois d’août illustrent bien la réticence des investisseurs devant la prise de risque, indique Alain Desbiens. En effet, ce sont le fonds BMO Obligations provinciales à moyen terme et le fonds BMO Obligations totales qui ont été les deux meilleurs vendeurs en août. La préférence pour des fonds d’obligations signifie que les investisseurs optent pour la prudence.

Dislocation chez certains fonds obligataires

Mais les investisseurs ne doivent pas croire que les FNB d’obligations sont toujours de tout repos. En effet, certains FNB d’obligations ont vécu des moments difficiles au cours du mois de mars, relate Ian Gascon, président de Placements Idema.

La chute rapide des marchés boursiers lorsqu’il est apparu que la pandémie nous guettait a entraîné dans son sillage le marché des obligations de sociétés.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Ian Gascon, président de Placements Idema

L’effondrement des cours des obligations de sociétés a été tel qu’à certains moments il n’y avait tout simplement plus d’acheteurs pour des FNB composés de ce type d’obligations.

Ian Gascon, président de Placements Idema

Mais la reprise en V aussi surprenante que rapide des bourses a fait en sorte que le phénomène fut de courte durée et que les négociations sur ces fonds sont revenues à la normale après quelques semaines.

Diversification et horizon de placement

Bien que les investisseurs font face à plusieurs facteurs d’inquiétude, les grandes règles de l’investissement, tels la diversification et l’horizon de placement, demeurent valables plus que jamais, s’accordent à dire les experts. « Nos portefeuilles sont adéquatement diversifiés, si bien que nous n’avons pas vécu d’inquiétude particulière à cause de la pandémie », dit Ian Gascon. « Et il importe de toujours avoir bien en tête son horizon de placement pour ne pas se laisser entraîner dans de mauvaises transactions au mauvais moment », ajoute Alain Desbiens.