Édith Beaucage a mis en pratique la consigne voulant qu’en période de grande volatilité, la conduite rationnelle doit toujours avoir préséance sur la panique. Férue de Fonds négociés en bourse (FNB), cette gestionnaire de portefeuille privé nous raconte ce qu’elle et ses clients ont vécu depuis le début de la pandémie il y a sept mois. Et elle y va de quelques conseils.

Stéphane Champagne Stéphane Champagne
Collaboration spéciale

La cofondatrice de Beaucage Bruneau Groupe conseil, affilié à Desjardins Gestion de patrimoine, aime à rappeler qu’elle a travaillé sur des scénarios de pandémie mondiale durant ses études en sciences économiques. « C’était, dit-elle, des scénarios extrêmes, mais crédibles, que nous nous amusions à bâtir pour les étudier. Je considère donc avoir eu une sorte d’entraînement. »

Mais vivre la crise de l’intérieur avec les familles dont elle gère le patrimoine intergénérationnel n’avait plus rien à voir avec ses travaux universitaires. En pleine tempête, Édith Beaucage a certes jonglé avec les pondérations et revu sa gestion de risque, mais elle a également vécu de nouvelles expériences « humaines ».

Par exemple, une des familles qu’elle représente a perdu un membre proche des suites de la COVID-19 en CHSLD. « La gestion d’actifs est régulièrement la finalité centrale en gestion de patrimoine, explique-t-elle. C’est souvent ce qui est le plus concret pour les familles endeuillées. Cependant, tout ce qui gravite autour des actifs financiers a toujours un impact beaucoup plus subtil. »

La COVID-19 fut pour moi une opportunité d’interagir à un autre niveau avec mes clients. J’ai eu des discussions que je n’aurais jamais eues autrement.

Édith Beaucage, cofondatrice de Beaucage Bruneau Groupe conseil

Garder le cap

Cumulant bientôt 30 ans d’expérience en gestion de portefeuille institutionnel, courtage institutionnel, courtage au détail et, aujourd’hui, en gestion discrétionnaire de portefeuille privé, Édith Beaucage soutient avoir gardé son calme et incité ses clients à en faire de même.

Le fait que ce soit une pandémie qui ait affecté l’économie mondiale, plutôt que les ratios financiers que les marchés financiers ont l’habitude d’évaluer, a rendu les choses encore plus « déstabilisantes », soutient Édith Beaucage.

« Depuis le début de la pandémie, j’ai maintenu mon idée d’avoir un portefeuille équilibré, dit-elle. J’ai ajusté ma portion allouée en action avec une pondération axée sur les secteurs cycliques. Les FNB me permettent justement la flexibilité d’intervenir efficacement lors de l’ajout de classes d’actifs spécifiques. »

Et sur quoi se base-t-elle pour choisir les FNB de ses clients ou ceux de son portefeuille personnel ? « Le processus de sélection d’un FNB, croit Mme Beaucage, est en fonction de plusieurs critères de sélection : sa complémentarité en fonction des positions détenues du portefeuille globalement, son pointage attribué par mon analyse diligente de sa constitution et son comportement historique relatif. »

Si un investisseur s’intéresse aux FNB, quel conseil devrait-il suivre ? « S’assurer de bien comprendre sur quel actif sous-jacent repose la stratégie du FNB convoité. Il faut comprendre comment il est structuré. Comment il se comporte dans la volatilité. Quels sont les volumes transigés, sur quel marché boursier ? », indique la gestionnaire.