Suivre des patients grâce à des applications, pratiquer la médecine personnalisée avec des algorithmes ou traiter des problèmes de santé mentale par l'entremise d’avatars sont des projets bien concrets. Afin d’accélérer leur commercialisation, le Centre québécois d’innovation en biotechnologie (CQIB) s’est associé avec le Campus des technologies de la santé (CTS Santé) pour mettre sur pied le MEDxlab, un accélérateur en santé numérique et connectée.

Julie Roy
Collaboration spéciale

Perry Niro, directeur du CQIB, est catégorique : « C’est un secteur en explosion. Selon les données de Markets and Markets, le marché mondial des soins de santé connectés [systèmes et logiciels, applications, télémédecine…] atteindra 247 milliards en 2025, comparativement à 95 milliards cette année. C’est donc dire qu’une fois leur prototype terminé, les entreprises dans ce domaine doivent agir vite et que leur fenêtre d’opportunité est entre 6 et 12 mois. »

C’est pour cette raison que Louis-Paul Marin, un des créateurs d’AppMed, n’a pas hésité à être la première entreprise à se prévaloir des services offerts par ce nouvel accélérateur. Son innovation, Appy, est une application qui va permettre aux personnes ayant un trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) d’arriver à la bonne dose de médicament plus rapidement. « Un de mes enfants est TDAH. En raison des effets secondaires de sa médication, il ne mangeait plus à l’heure du midi. C’est fastidieux et compliqué pour le corps médical de trouver le bon médicament au bon dosage pour chaque patient. Je me suis dit que je devais faire quelque chose. »

L’ingénieur et avocat s’est associé avec Gilles Pelletier, expert en logiciels, afin de trouver la meilleure façon de faire. Pendant trois ans, ils ont travaillé au développement de leur application. « En combinant un calculateur de dose mis sur pied par des chercheurs en pharmacométrie de l’Université de Montréal aux questionnaires que l’on donne aux patients, on peut faire des liens entre la dose et les résultats aux réponses. C’est un outil objectif qui aide les médecins et les pharmaciens à faire un meilleur suivi », explique Louis-Paul Marin.

Le rôle de MEDxlab dans tout cela ? L’homme d’affaires est conscient qu’il n’est pas facile d’obtenir de l’expertise en commercialisation.

C’est une chose de développer un produit, c’en est une autre de vendre. Qui doit payer pour cette technologie ? Combien ? Comment en faire la promotion ? Ça nous prend un René Angélil pour répondre à tout cela. C’est là que l’accélérateur entre en jeu pour nous.

Louis-Paul Marin

Une recette au cas par cas

Au cours de la prochaine année, MEDxlab souhaite aider une dizaine d’entreprises existantes comme AppMed. Jean-Pierre Robert, président du CTS, explique qu’il n’y a pas de formule toute faite et que ce programme correspondra aux besoins des entreprises. Parmi les services qui seront offerts : dénicher des endroits pour tester les prototypes, aider à la recherche et à la négociation de partenariats, etc.

« Notre système de santé est une grosse machine, on n’entre pas dans une clinique ou dans un CIUSSS comme on veut. Plus vite les entrepreneurs viennent nous voir avec leurs idées, plus tôt on va pouvoir leur donner des conseils et éviter qu’ils commettent des erreurs », dit Jean-Pierre Robert.