Les firmes de génie-conseil québécoises accueillent les jeunes ingénieurs à bras ouverts. Cette année, elles prévoient autant d'embauches que tous les autres secteurs du génie réunis.

Florence Riel St-Pierre, collaboration spéciale LA PRESSE

Près du tiers des 1503 embauches d'ingénieurs visent les diplômés, selon les plus récentes données du Réseau des ingénieurs du Québec. Les firmes de génie-conseil peinent toutefois à pourvoir leurs postes et devront faire preuve de créativité pour attirer et retenir les jeunes loups dans leurs rangs.

Une relève mobile

«Ces jeunes qui arrivent sur le marché du travail sont beaucoup plus mobiles, cherchent des défis nouveaux, veulent créer et repousser les limites», résume le président du Réseau des ingénieurs du Québec, Étienne Couture.

Plusieurs jeunes ingénieurs changent d'employeur au cours des quatre premières années de leur carrière, observe Charles Julien, récipiendaire du prix Relève des Grands Prix du génie-conseil québécois en 2012 et ingénieur mécanique chez Dessau. Les jeunes explorent le marché du travail pour trouver le domaine qui les intéresse réellement, selon lui.

Le vice-président adjoint d'AECOM, Richard Voisin, remarque lui aussi une certaine fébrilité. «Certains nous quittent parce qu'ils ont l'impression que ça ne va pas assez vite. Généralement, quelques mois après, ils souhaitent revenir. Ils ont compris qu'il y a effectivement certaines étapes à franchir.»

C'est que les jeunes ingénieurs sont ambitieux et veulent aller vite. «Mais ils ont le défaut de leur qualité: ils manquent un peu d'humilité», observe M. Voisin, qui rencontre souvent de jeunes ingénieurs avec moins de cinq années d'expérience qui souhaitent devenir directeur de projet.

Tâches valorisantes

Le salaire compte, mais n'est pas le facteur le plus déterminant, selon M. Voisin. Ce qui motive la relève?

«Des tâches qui les valorisent». Charles Julien est du même avis. Pour lui, c'est de ne pas avoir l'obligation de se limiter à une seule tâche. Il aime également avoir une vision de l'ensemble du projet. Le fait qu'on lui confie plus de responsabilités chez Dessau a aussi grandement contribué à ce qu'il reste dans l'entreprise.

Les jeunes ingénieurs veulent peut-être aller trop vite, «mais ils sont aussi très bons», remarque M. Voisin. «C'est pour ça qu'on essaie d'en prendre soin au maximum et qu'on leur donne beaucoup de coaching.»

L'encadrement est en effet crucial. On a beau vouloir escalader une montagne, encore faut-il avoir les bons outils et être bien attaché, conclut Charles Julien.