Saint-Jean-sur-Richelieu et sa région vit un mini-boom économique. La création d'emplois et les investissements sont à l'ordre du jour. Pas de doute, la région s'est remise des graves inondations du printemps 2011.

Martin Beauséjour, collaboration spéciale LA PRESSE

«Très peu d'entreprises ont été touchées par les inondations, ce sont plutôt des particuliers qui ont été touchés. Mais nous avons relevé nos manches et nous avons offert de l'aide. On se tient, dans la région», affirme d'emblée Sylvie Lacroix, directrice générale du Conseil économique du Haut-Richelieu (CLD).

Cet esprit d'équipe est peut-être responsable du boom économique que vit présentement la région. «Nous avons un groupe sur le terrain qui aide les entreprises à s'établir et qui les accompagne dans toutes leurs démarches, qu'elles soient municipales, régionales ou provinciales. Je crois que ce soutien fait toute la différence», ajoute Mme Lacroix. Et le taux de chômage de la région, à 7%, lui donne raison. La moyenne provinciale frôle les 7,8%.

Les deux dernières années ont été extraordinaires pour la grande région du Richelieu. En 2010, des investissements de 110 millions ont été enregistrés pour le secteur manufacturier. Un record. L'année dernière, c'était près de 102 millions. Il faut dire qu'on compte près de 240 entreprises manufacturières dans la région.

Activités militaires

Le tissu industriel est très varié tout autour du Richelieu, mais cinq créneaux se démarquent: la défense et la sécurité, le transport terrestre, la transformation agroalimentaire, le développement durable et la transformation métallique.

Les différents intervenants misent énormément sur le développement durable, «le futur», selon Mme Lacroix, et la transformation métallique. Pour ce dernier créneau, la région espère d'importants contrats liés au le Plan Nord.

«Saint-Jean est une ville garnison, il est donc normal que les activités reliées à la défense et à la sécurité soient importantes. Et elles le sont davantage depuis le 11 septembre 2001, souligne Mme Lacroix. Tous ces secteurs sont reliés entre eux. Les entreprises dans le domaine de la transformation métalliques fournissent des pièces aux constructeurs de moyens de transport terrestre, et ces derniers sont bien souvent destinés à un usage militaire ou à la sécurité», résume-t-elle.

La réouverture du Collège militaire royal de Saint-Jean, en 2007, a aussi été bénéfique pour Saint-Jean-sur-Richelieu. En 1995, le gouvernement libéral avait fermé l'établissement, qui fêtera ses 60 ans cette année. Près de 200 jeunes y suivent, à temps plein, le programme d'études de deux ans. Il faut ajouter, à ce nombre, les 1500 élèves qui y viennent, tout au long de l'année, suivre des formations d'une durée de trois semaines. «En plus des retombées économiques, cette réouverture a redonné ses lettres de noblesse au passé militaire de la ville.»

Corridor vers les États-Unis

Située à moins de 20 minutes de Montréal, et tout près de la frontière américaine, la grande région du Richelieu est ceinturée par trois chemins de fer et plusieurs autoroutes en direction de Montréal, Sorel, Sherbrooke, l'Ontario et New York.

Le parachèvement de l'autoroute 35, qui reliera directement Saint-Jean-sur-Richelieu et le poste frontalier de Saint-Armand, s'annonce bénéfique pour la région. L'ensemble du corridor Montréal-Boston est desservi par des autoroutes, à l'exception de ces 37,9 kilomètres. Les travaux, qui ont commencé en 2009, devraient prendre fin en 2014. «Plus du tiers de nos entreprises exportent aux États-Unis», souligne Mme Lacroix.

Cette croissance pourrait toutefois être ralentie par «l'orientation 10 de l'addenda modifiant les orientations gouvernementales en matière d'aménagement pour le territoire de la communauté métropolitaine de Montréal». Avec cette mesure, le gouvernement désire limiter l'urbanisation diffuse tout en assurant l'attractivité et la compétitivité de la région métropolitaine.

«Les intentions de ce programme sont louables, mais le problème, c'est qu'il limite la croissance des MRC péri-métropolitaines. Ce programme pourrait avoir des effets pervers sur la région. Le Conseil économique et la MRC ont fait des recommandations. Ses mesures ont été mises en place par l'ancien gouvernement. Nous attendons donc les prochains développements», conclut Sylvie Lacroix.

Saint-Jean-sur-Richelieu et sa région

Saint-Jean-sur-Richelieu 92 448

- Mont-Saint-Grégoire 2965

- Lacolle 2608

- Saint-Alexandre 2421

- Saint-Paul-de-l'Île-aux-noix 2048

- Saint-Blaise-sur-Richelieu 1974

- Sainte-Anne-de-Sabrevois 1966

- Henryville 1511

- Venise-en-Québec 1410

- Noyan 1375

- Sainte-Brigide-d'Iberville 1261

- Saint-Georges-de-Clarenceville 1123

- Saint-Sébastien 661

- Saint-Valentin 458