En décembre dernier, l'Association of University Research Parks (AURP) a déroulé le tapis rouge à la Cité de la biotechnologie agroalimentaire vétérinaire et agroenvironnementale de Saint-Hyacinthe en lui décernant le prix du meilleur parc technologique en émergence au monde.

Jean-Luc Lorry, collaboration spéciale LA PRESSE

«Ce prix représente la plus importante reconnaissance internationale jamais reçue par notre région. Je le considère comme l'Oscar du développement économique», indique avec fierté le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Bernier, également président de la Cité de la biotechnologie.

Ce parc technologique regroupe sous un même toit des institutions d'enseignement comme la faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal, des laboratoires de recherche (200 chercheurs de calibre mondial y travaillent) et des entreprises liées au secteur agroalimentaire.

Créée en 2003, la Cité de la biotechnologie est gérée par le Centre local de développement (CLD) Les Maskoutains, à Saint-Hyacinthe, et occupe aujourd'hui une superficie de près de 10 millions de pieds carrés. Depuis sa fondation, des investissements de l'ordre de 600 millions y ont été réalisés et ont permis la création d'environ 800 emplois.

«La clé de notre réussite est notre spécialisation. L'idée de départ était de lier la science au secteur alimentaire. Selon moi, nous ne devons pas être nombreux au monde à avoir mis en place un parc technologique ayant cette spécificité. La Cité de la biotechnologie a maintenu une croissance sans commune mesure proportionnellement à sa taille», explique Mario De Tilly, directeur général du CLD Les Maskoutains et de la Cité.

Le prix du meilleur parc en émergence au monde a été remis à l'issue de la conférence internationale tenue par l'AURP à La Nouvelle-Orléans.

La Cité de la biotechnologie était en compétition avec huit autres parcs technologiques partout dans le monde. Les pays en nomination pour ce titre très disputé étaient le Canada (deux candidatures), les États-Unis (trois candidatures), le Brésil, le Royaume-Uni et l'Arabie saoudite.

«La force d'un parc de recherche universitaire est son impact sur la communauté et sa capacité à stimuler la croissance économique, à créer des emplois et à améliorer la qualité de vie dans son milieu. Nous savons que la croissance de la Cité de la biotechnologie ne fait que commencer et nous nous réjouissons de la réussite et de l'impact communautaire de ce jeune parc technologique», avait déclaré le président de l'AURP, Harold Strong, pour justifier le choix de Saint-Hyacinthe.

Mario De Tilly est à la barre du CLD Les Maskoutains depuis 20 ans. Le capitaine de cette petite équipe composée de 13 personnes était loin d'imaginer que son vaisseau naviguerait un jour aux côtés des plus grands.

«Cette reconnaissance nous permet d'intégrer des milieux et des réseaux auxquels nous n'avions pas accès, confie M. De Tilly. Nous entrons dans la cour des grands et nous ne serons plus jamais regardés de la même façon.»

La Cité de la biotechnologie est le premier parc technologique au Québec et le troisième au Canada à remporter un prix dans l'une des catégories de ce concours planétaire qui en était à sa 16e édition.

Les appels téléphoniques ne sont pas fait attendre au CLD Les Maskoutains. Des responsables du parc technologique de Sapporo au Japon se rendront cet automne à Saint-Hyacinthe pour échanger de l'expertise. Ce parc japonais associe les sciences de la vie à la santé humaine et alimentaire.

Avec ce trophée convoité en poche, Mario De Tilly espère maintenant que Québec et Ottawa reconnaîtront le chemin parcouru par la Cité de la biotechnologie et l'importance d'être épaulé par de l'aide financière publique.

«Je pense que le gouvernement canadien devrait investir dans l'agroalimentaire au même titre que pour l'industrie pétrolière et automobile», conclut le commissaire industriel.