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Denis Côté en lice pour l'Ours d'or

Tous les espoirs sont permis pour Vic et... (Photo: Alain Roberge, La Presse)

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Tous les espoirs sont permis pour Vic et Flo ont vu un ours de Denis Côté, qui sera de la compétition de la Berlinale.

Photo: Alain Roberge, La Presse

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Il s'agit du grand paradoxe actuel du cinéma québécois. Alors qu'il est boudé par son propre public, il rayonne comme jamais à l'étranger. On en a encore eu la preuve hier, avec la bonne nouvelle de la sélection en compétition officielle du Festival de Berlin du nouveau film de Denis Côté, Vic et Flo ont vu un ours.

De quoi mettre en perspective la mauvaise nouvelle, anticipée depuis un moment et confirmée la semaine dernière: les parts de marché du cinéma québécois ont été au plus bas depuis une décennie en 2012 (4,8%).

On se console ailleurs. Pour la troisième année d'affilée, un film québécois a été choisi pour concourir dans la catégorie de l'Oscar du meilleur film étranger. La sélection, jeudi dernier, de Rebelle de Kim Nguyen aux Academy Awards n'est pas un mince exploit. Seul Denys Arcand avait réussi auparavant (à trois reprises entre 1987 et 2004) à mettre ainsi en lumière le long métrage québécois à l'occasion du plus prestigieux des galas du cinéma.

L'étonnante carrière internationale de Rebelle avait été lancée il y a un an, lors de sa sélection en compétition officielle au Festival de Berlin, où le film a mérité à la jeune Rachel Mwanza l'Ours d'argent de la meilleure actrice.

C'est dire comme tous les espoirs sont permis pour Vic et Flo ont vu un ours de Denis Côté, qui sera à son tour de la compétition de la Berlinale, l'un des quatre grands festivals internationaux avec ceux de Toronto, Cannes et Venise.

L'auteur de Bestiaire et de Curling n'a plus besoin de présentation dans les cercles cinéphiles mondiaux. Un chouchou entre autres des Cahiers du cinéma, Côté est pourtant relativement inconnu du public au Québec, où ses films ont été peu vus. Comme ceux de Kim Nguyen...

Denis Côté, sélectionné dans différents festivals (Quinzaine des réalisateurs de Cannes, Locarno, etc.), en sera à sa première présence en compétition au Festival de Berlin, qui aura lieu du 7 au 17 février. Son septième long métrage sera en lice pour l'Ours d'or en compagnie notamment des plus récentes oeuvres de cinéastes aussi réputés que Gus Van Sant, Hong Sang-soo, Ulrich Seidl, Danis Tanovic, Bruno Dumont, Steven Soderbergh et Jafar Panahi.

C'est le grand Wong Kar-waï (In the Mood for Love, Chungking Express) qui présidera cette année le jury de la compétition de la Berlinale. Denis Côté, actuellement dans la dernière ligne droite de la préparation de ce film qu'il a scénarisé et réalisé, n'a pas voulu accorder d'entrevues hier.

Vic et Flo ont vu un ours raconte l'histoire des retrouvailles de Victoria, en liberté conditionnelle, et de Florence, qui vient de purger sa peine, après plus de dix ans de cohabitation derrière les barreaux. Dans une cabane à sucre en forêt, les deux femmes (Pierrette Robitaille et Romane Bohringer) «réapprennent à vivre et à apprivoiser leur liberté», avec tout ce que cela comporte de difficultés, sous le regard de Guillaume (Marc-André Grondin), leur agent de libération conditionnelle.

Non seulement notre cinéma rayonne comme jamais, mais nos cinéastes s'exportent aussi dans la foulée. Fort de la sélection de Monsieur Lazhar parmi les finalistes à l'Oscar du meilleur film étranger, il y a un an, Philippe Falardeau travaille en ce moment sur son premier long métrage américain, qui devrait être tourné en mars et en avril, aux États-Unis et en Afrique du Sud.

Intitulé The Good Lie, ce film indépendant scénarisé par Margaret Nagle sera produit par la compagnie de Ron Howard et de Brian Grazer, Imagine Entertainment, derrière les oeuvres de Ron Howard (dont Apollo 13 et A Beautiful Mind). The Good Lie devrait mettre en vedette une actrice hollywoodienne bien connue, gagnante d'un Oscar.

«Le contrat n'a pas encore été signé, alors je ne peux en dire plus pour l'instant», me confiait hier Philippe Falardeau, très heureux de s'attaquer à ce premier défi américain. The Good Lie s'inspire du périple de réfugiés soudanais jusqu'aux États-Unis, au début des années 2000.

«J'ai décliné plusieurs scénarios depuis un an, mais celui-ci m'a particulièrement interpellé, dit le cinéaste de Congorama. J'ai voyagé au Sud-Soudan en 1994 et j'y ai filmé des scènes qui m'ont traumatisé et me marqueront pour toujours.»

À l'instar de Philippe Falardeau, Denis Villeneuve et Ken Scott ont récemment tourné leurs premiers longs métrages «américains». Ken Scott a bouclé récemment le tournage de Delivery Man, la version américaine de son succès Starbuck, produit par Dreamworks (la société de Steven Spielberg). Le film met en vedette Vince Vaughn dans le rôle d'un père découvrant son impressionnante progéniture, popularisé au Québec par Patrick Huard.

Denis Villeneuve, en lice pour l'Oscar du meilleur film étranger en 2010 grâce à Incendies, devrait voir ses deux premières réalisations américaines prendre l'affiche en 2013: An Enemy, d'après un récit du Prix Nobel portugais José Saramago, avec Mélanie Laurent et Jake Gyllenhaal, également à l'affiche de Prisoners, thriller mettant en vedette Hugh Jackman.

On découvrira par ailleurs au cours des prochains mois les films de Jean-Marc Vallée (Victoria, Café de Flore), qui a tourné récemment Dallas Buyers Club avec Matthew McConaughey et Jennifer Garner, ainsi que One Square Mile de Charles-Olivier Michaud (Snow and Ashes), avec Richard Jenkins et Kim Basinger. La preuve, s'il en faut, que nos cinéastes ont la cote hors de nos frontières.

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Commentaires (5)
    • J'ai vu le vendeur aussi, influencé par les critiques: 1H30 de ma vie perdue à jamais. Je n'ai certainement pas envie de voir les films de Côté, les extraits que j'ai vus me suffisent amplement. Bref il y a sûrement une gammick dans ces festivals qui m'échappe.

    • On peut comprendre que pour chaque réalisateur d'ici, c'est une chance de faire un film américain. Mais de voir presque tous nos meilleurs cinéastes vouloir faire des films américains, en même temps, soulève tout de même des questions. Est-ce que les contribuables québécois ont payé des millions en subvention à Denis Villeneuve, Philippe Falardeau, Ken Scott, Jean-Marc Vallée, leur permettant de se faire un nom sur la scène internationale avec des films québécois, pour les voir ensuite tous partir alimenter la grosse et payante machine du cinéma américain ?
      Faut-il applaudir ainsi ceux qui se vendent au plus offrant après avoir profité de l'argent du "petit peuple" québécois ?

    • "Alors qu'il (le cinéma québécois) est boudé par son propre public, il rayonne comme jamais à l'étranger."
      Je crois que cette prémisse est fausse. Les films québécois ne "rayonnent" pas à l'étranger à proprement parler, mais plutôt dans des festivals et non avec le public "moyen" de d'autres pays. En d'autres mots, si les films québécois étaient des flops commerciaux ici, mais faisait des dizaines de millions de dollars dans d'autres pays, vous auriez raison et votre phrase aurait du sens. En fait, quand on regarde bien, ça revient au même: des succès d'estime, autant là-bas qu'ici, mais ignorés du large public dans les deux cas.

    • @ecran
      Le fait de gagner un prix au festival de Berlin, dont le jury est présidé par Wong Kar-waï, c'est très prestigieux. Pour Denis Côté, ce serait une confirmation que son film impressionne, même parmi les plus grands réalisateurs du monde du cinéma. Pour le film lui-même, ce serait une excellente promotion qui lui permettrait sans doute d'être invité dans de nombreux autres festivals, où d'autres grands réalisateurs et acteurs le jugeraient. Voyez-vous, le monde du cinéma ne se résume pas au Box Office et aux salles de cinéma Guzzo. Le monde du cinéma, ce sont ses artisans, ses acteurs, réalisateurs, scripteurs, producteurs, personnel technique, etc. Quel est le problème, si tous ces gens aiment se réunir de temps en temps, dans des centaines de festivals à travers la planète, loin des Box Office, loin des Guzzo et compagnie, loin même de l'approbation du grand public, pour apprécier et juger leur septième art? Il n'y pas 60 000 prix dans chaque festival, il y en a quelques-uns seulement et ils ont une grande valeur artistique. Et ce n'est pas la reine qui vient les remettre, ce sont des artisans du cinéma qui sont fiers de l'être. Donc à votre question, "le fait de gagner un prix au festival de Berlin, ça donne quoi au juste?", je répondrais, "le fait pour un film de n'être invité à aucun festival hors Québec, comme la plupart de nos blockbusters, ça dit quoi au juste sur le film?"... Je vous laisse y songer!

    • Le fait de gagner un prix au festival de Berlin, ça donne quoi au juste? Les allemands font-ils la file devant les salle de cinémas, ça m'étonnerais? Vous parlez du film "curling" avez-vous été capable de le regardé jusqu'a la fin. Si ça se mérite des prix eh bien tant mieux pour les gens qui les offrent, ça vaut autant qu'une des 60 000 médailles de la reine. Avez-vous vu le film "Le vendeur" la scène la plus enivrante c'est quand Gilbert Sicotte partage des arachides qu'il vient d'acheter dans une distributrice d'un garage avec son petit fils. Ça doit faire au moins dans les trois minutes.

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