Critique
Surveillance parentale: choc des cultures
Josée Lapointe
Sorti le jour de Noël, Surveillance parentale est un film qui vise clairement à renforcer les valeurs familiales, sans pourtant avoir l'air trop ringard ni dépassé. C'est plutôt une sympathique comédie familiale qui, en opposant les parents modernes à une approche plus traditionnelle, met le gros bon sens de l'avant.
Bien sûr, le film d'Andy Fickman, coproduit par Billy Crystal, n'évite pas les clichés. Bien sûr, on peut prédire dès les premières minutes comment il se terminera. Et on n'est pas là pour s'émerveiller devant de longs plans-séquences ou une caméra nerveuse : même dans sa facture, Surveillance parentale a un côté vieille école.
Pourtant le charme opère. Celui de Billy Crystal (Artie) et Bette Midler (Diane) d'abord, qui forment un couple pour la première fois au grand écran et incarnent les grands-parents les plus cool de l'univers. Grands-parents qui sont réquisitionnés, le temps d'une semaine, pour s'occuper de leurs trois petits-enfants - l'autre élément charme du film, tellement les jeunes comédiens sont craquants - pendant que leur fille Alice s'évade avec son mari.
Ce choc des cultures ne sera pas de tout repos, on s'en doute, car Diane et Artie ne sont pas au fait des nouvelles techniques d'éducation. Tout y passe, le sucre interdit dans la maison, les règlements du baseball transformés pour ne pas faire de peine aux enfants - fini les trois prises, c'est bien trop cruel, on reste au bâton jusqu'à ce qu'on réussisse à frapper -, les enfants qui passent des commandes différentes pour le souper... Chaque fois que les grands-parents essaieront de contourner le règlement, la catastrophe guette, mais ils obtiendront peu à peu l'affection et la confiance des enfants.
Il y a un peu de vrai et beaucoup d'exagération rigolote dans ce portrait des familles d'aujourd'hui, mais plutôt que d'en faire le procès et de prôner un retour au bon vieux temps, Surveillance parentale montre surtout qu'en mettant du sable dans l'engrenage, tout le monde y gagne. En effet, les grands-parents ne sont pas tant sévères que logiques et fermes - dire non ne peut pas toujours faire de tort -, et prouvent que les enfants rois ont aussi besoin de balises. Au bout du compte, les parents bien intentionnés incarnés par la lumineuse Marisa Tomei et Tom Everett Scott apprendront aussi à lâcher prise.
C'est cousu de fil blanc, évidemment, tellement les grands-parents arriveront en quelques jours à régler tous les problèmes de la famille. Mais il se dégage de ce film un réel désir d'établir un pont entre les générations, et une joie de vivre, tout simplement, transmise par la passion d'Artie pour son métier de commentateur de matchs de baseball et le bagou irrésistible de Billy Crystal, qui n'a rien perdu de sa verve.
Parental Guidance (V.F.: Surveillance parentale)
***
Comédie d'Andy Fickman avec Billy Crystal, Bette Midler et Marisa Tomei. 1h45.
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