En randonnée, est-ce qu’il faut absolument des bottines ou est-ce que des chaussures basses font l’affaire ? Le conseiller de la boutique de plein air approche. Saura-t-il répondre à cette question ? Heureusement, les conseillers sont souvent des mordus de plein air et ont une feuille de route bien remplie.

Publié le 2 juin
Marie Tison
Marie Tison La Presse

Anne-Marie Turcot, de la boutique La Cordée à Laval, fait partie de ces conseillers. La jeune femme a pédalé de Vancouver à Winnipeg, puis a repris sa monture l’année suivante pour parcourir une bonne partie du Québec, soit le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et la Côte-Nord. Elle a également effectué la traversée de Charlevoix en ski de fond nordique de refuge en refuge, sans ravitaillement.

« Ça m’a fait prendre conscience de tout le matériel dont on a besoin, lance-t-elle. Ça m’apporte tellement pour conseiller les gens. »

PHOTO FOURNIE PAR ANNE-MARIE TURCOT

Anne-Marie Turcot a parcouru l’Ouest canadien et une bonne partie du Québec en vélo.

Anne-Marie Turcot fait également du canot-camping. Sa grande fierté, c’est la descente de la rivière Moisie, soit 19 jours en autonomie. « On avait toute notre bouffe, tout notre équipement, souligne-t-elle. J’étais habituée à faire des voyages à vélo où on traverse des villages, on voit des gens. Alors qu’en canot, tu es en complète autonomie, tu ne vois personne, à part les animaux. »

La spécialiste du plein air indique que les manufacturiers rencontrent souvent les conseillers de La Cordée pour leur donner de la formation sur les équipements et les vêtements.

Aller le tester sur le terrain, ça aide tellement à mieux comprendre ce qu’ils nous disent. Il faut vraiment l’expérimenter pour savoir de quoi on parle et pour vulgariser comme il faut. Souvent, j’ai l’impression que ça m’aide à avoir une crédibilité supplémentaire.

Anne-Marie Turcot, de la boutique La Cordée à Laval

Par exemple, avec son expérience sur la Côte-Nord, Anne-Marie Turcot s’y connaît en moustiques, mouches noires et autres bestioles assoiffées de sang. « Parfois, on se moque un peu des chapeaux ou des chandails avec filet. Mais sur la Côte-Nord, il y a tellement de moustiques que tu ne peux pas vivre sans ces vêtements. »

Anne-Marie Turcot travaille principalement dans le rayon des vêtements d’escalade. « Les clients veulent une espèce de certitude qu’en tant que conseiller, on sait de quoi on parle. Souvent, je me fais demander si je grimpe. »

La réponse est oui.

« C’est un des rayons où l’expérience est vraiment importante pour pouvoir en parler. Il y a tellement de choses à considérer, c’est super technique. Il faut être capable de vulgariser pour amener le client à choisir le bon harnais ou le bon chausson d’escalade pour qu’il ait du plaisir. »

Passion et expérience

À la boutique de MEC au Marché central, Aubert Tremblay ne manque pas de crédibilité non plus. Récemment diplômé comme guide de tourisme d’aventure, il fait, entre autres, du canot, du kayak, de la randonnée et de l’escalade. Il a suivi nombre de formations techniques et de sauvetage dans ces disciplines.

À la maison, il conçoit du matériel de plein air. Cela l’aide à évaluer la conception de l’équipement en magasin, à savoir, par exemple, si la toile de telle tente va bien se tendre. « Je comprends aussi à un niveau un peu plus profond les tissus techniques : qu’est-ce qui est utile, quand et pourquoi. Avec toutes ces informations, j’arrive à être un pas pire conseiller. Du moins, je l’espère ! »

PHOTO FOURNIE PAR AUBERT TREMBLAY

Aubert Tremblay, conseiller chez MEC au Marché central, a suivi une formation de guide en tourisme d’aventure au cégep de Saint-Laurent.

Il a également testé de l’équipement au cours de ses propres expériences en plein air. Il raconte une expédition de ski particulièrement épique dans les Chic-Chocs, en Gaspésie. « Au cours d’une nuit, on a eu 3 m de neige, il y avait des vents astronomiques, nos tentes se sont fait ramasser : il y en a qui sont tombées, d’autres qui se sont envolées. »

L’expérience lui a permis de voir quelles tentes ont résisté et pourquoi. « Les tentes doivent être bien tendues, c’est super important, rappelle-t-il. C’est comme les sacs étanches : s’ils ne sont pas bien fermés, l’eau entre dedans. Je prends le temps de l’expliquer aux gens parce que c’est un peu décevant d’avoir des vêtements mouillés à la fin de la journée. »

Les bottines suivent les babines

Benjamin Côté, de la boutique Sail de Laval, se décrit comme un gars de camping et de randonnée. Il a fait des voyages notamment dans les Alpes et en Nouvelle-Zélande. Au Québec, il connaît bien les régions au nord de Montréal, ou encore Charlevoix.

PHOTO FOURNIE PAR BENJAMIN CÔTÉ

Conseiller chez Sail, Benjamin Côté a fait de la randonnée dans les Alpes et en Nouvelle-Zélande.

Je vais analyser les besoins de la personne. Si elle veut simplement essayer la randonnée, on va y aller bien simple. Mais si elle compte en faire une activité récurrente, on va explorer différents produits en conséquence.

Benjamin Côté, de la boutique Sail de Laval

Il prépare pour l’été un road trip en camping vers l’ouest du Canada, ce qui lui permettra d’expérimenter de l’équipement un peu différent. « Actuellement, je n’utilise pas de bâtons de marche, mais je compte en prendre pour l’Ouest canadien : sur les sentiers, la descente est assez difficile pour les genoux. Des bâtons, ça permet de transférer un peu de pression sur les bras. »

De même, cet amateur de chaussures légères pour la randonnée prévoit utiliser des bottines. « Dans les sentiers parfois difficiles de l’Ouest, les bottes soutiennent bien les chevilles. Si possible, je ne veux pas qu’il arrive quelque chose. »

L’automne venu, Benjamin Côté sera en mesure de faire part de ses impressions aux clients.

Suggestion de vidéo

Hommage au wheelie

Le cycliste écossais Danny MacAskill rend hommage au wheelie (cabré) dans cette vidéo qui respire le bonheur.

Chiffre de la semaine

100

C’est le nombre d’espèces de brûlots qui sévissent au Québec.