Pas besoin d’aller très loin de Montréal pour visiter un beau parc où l’on peut faire du ski de fond, de la raquette ou même du vélo à pneus surdimensionnés.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

Il y a dans l’île même de grands parcs-nature qui se prêtent particulièrement bien aux sports d’hiver. Petit problème, ils ne sont pas nécessairement faciles d’accès lorsqu’on n’a pas de voiture.

Catherine Lefebvre et Sarah Bernard-Lacaille ont voulu remédier à la situation avec la Navette Nature, un service de transport qui relie Montréal à plusieurs parcs de la région.

Pendant ses études, Catherine Lefebvre occupait un poste de préposée dans un centre infotouristique au centre-ville de Montréal. Une question en particulier représentait un cauchemar pour tous les employés : comment faire pour que les touristes puissent se rendre dans un parc national sans voiture ?

« On construisait des trajets pas possibles en autobus jusque dans des villes, et après, on leur proposait des taxis ou de faire du pouce en leur suggérant de prier le petit Jésus pour que quelqu’un passe dans le coin, se rappelle Catherine Lefebvre. On a constaté qu’il y avait un besoin. »

Même les parcs-nature de l’île de Montréal n’étaient pas tous accessibles.

Pour les gens qui n’ont pas de voiture, ce n’est pas évident, il faut prendre le métro, deux autobus, avec des skis de fond ou des raquettes. Ça devient un peu décourageant.

Catherine Lefebvre, de Navette Nature

Catherine Lefebvre étudiait alors en relations internationales et droit international, un domaine qui s’est révélé moins intéressant qu’elle le prévoyait. « Ça ne me collait pas à la peau, c’était très snob, se rappelle-t-elle. Moi, je suis plus dans l’humain. »

Elle a changé de domaine et a commencé à travailler dans une entreprise de transport, ce qui lui a donné une certaine expertise pour lancer Navette Nature avec Sarah Bernard-Lacaille. Elles visaient d’abord une clientèle touristique, mais avec le temps, les Montréalais ont commencé à monter à bord du petit autobus jaune de Navette Nature.

Il s’agit notamment de néophytes, de gens qui connaissent peu le plein air. Ils ne savent pas trop comment s’habiller pour faire des activités. Les organisateurs prennent donc le temps d’expliquer certains concepts de base, comme l’habillement multicouche.

« Comme ils sont “prisonniers” de l’autobus, on peut profiter du moment pour les sensibiliser à la protection de la nature, on parle beaucoup des principes de Sans trace Canada, indique Mme Lefebvre. On leur parle aussi de nos coups de cœur dans le parc qu’on va visiter. »

PHOTO NATHALIE PHOTOGRAPHIE, FOURNIE PAR NAVETTE NATURE

Des bénévoles accompagnent les participants à bord de la Navette Nature.

Une fois à destination, les gens sont libres de faire les activités qu’ils désirent. Parce qu’il y a les sportifs qui, en été, vont faire 17 km de randonnée puis louer un canot puis se baigner, et il y a les personnes plus contemplatives, qui veulent simplement « prendre une pause de la ville et admirer les beautés naturelles du Québec ».

Le service fonctionne depuis quatre ans sur un mode estival, et c’est la première fois cette année que Navette Nature offre un service hivernal régulier. L’autobus visitera cinq parcs nationaux au cours de la saison, tous à proximité de Montréal. Le plus éloigné, le parc du Mont-Orford, est à environ 1 h 30 min de route.

« Nous n’allons pas très loin parce que nous utilisons des autobus scolaires, explique Mme Lefebvre. Il y a une question de confort. Nous utilisons ces autobus parce que ce sont les moins chers à louer. Ce qu’on veut, c’est rendre le service accessible au plus grand nombre de gens possible. »

Le service coûte entre 25 $ et 42 $ avant taxes, et il inclut l’entrée dans les parcs de la SEPAQ.

D’autres possibilités

Navette Nature va également visiter trois parcs-nature de Montréal cet hiver : Cap-Saint-Jacques, Bois-de-Liesse et Pointe-aux-Prairies. Grâce à une commandite de la Ville de Montréal, le coût sera très peu élevé, soit 8 $ pour les adultes et 4 $ pour les enfants.

Il existe d’autres possibilités de transport pour les amateurs de sports d’hiver, comme le SkiBus, qui fait la navette entre la station de métro Longueuil–Université-de-Sherbrooke, le parc national du Mont-Saint-Bruno et la station Ski Saint-Bruno toutes les fins de semaine jusqu’au 8 mars.

Il y a également des clubs comme Randonnée Aventure qui offrent des services de transport en autobus. Il y a finalement le doyen de tous, la Boutique Courir, qui propose un transport par autobus vers des destinations plus éloignées de la région montréalaise, comme le Camp Mercier et le mont Sainte-Anne, pour une clientèle souvent très expérimentée.

Catherine Lefebvre ne rejette pas l’idée d’offrir un jour ce genre de service, quitte à prendre la relève de la Boutique Courir. « Pour l’instant, je ne veux pas marcher sur les pieds de personne », lance-t-elle.