Cher André Pratte, vous avez raison («Amphithéâtre: profiter de l'été»). Vous n'êtes pas le seul. Ma fidèle conseillère en communications publiques est du même avis que vous et mes enfants aussi. Donc, je baisse le ton et je me calme, promis. Encore mieux, je m'excuse et je me rétracte.

Denis de Belleval<br><i>L'auteur répond ici à l'éditorial d'André Pratte, publié samedi dernier, dans lequel l'éditorialiste en chef suggérait à M. de Belleval de «profiter de l'été pour se calmer».</i>

Cher André Pratte, vous avez raison («Amphithéâtre: profiter de l'été»). Vous n'êtes pas le seul. Ma fidèle conseillère en communications publiques est du même avis que vous et mes enfants aussi. Donc, je baisse le ton et je me calme, promis. Encore mieux, je m'excuse et je me rétracte.

Tout d'abord, le maire de Québec n'est pas un autocrate mégalomane. Je ne l'ai jamais prétendu, mais cette mauvaise pensée m'a peut-être, très brièvement, effleuré l'esprit. Il est un peu rustique sur les bords, voire rugueux avec ceux ou celles qui ne sont pas entièrement d'accord avec lui, mais c'est là une preuve d'authenticité, pas un défaut. Sa négociation avec M. Péladeau est enfumée mais exempte de toute malversation, foi de premier ministre. Je m'incline, je le crois.

Ensuite, Quebecor Media ne deviendra pas un «corporate welfare bum», si le projet de loi 204 est finalement adopté. Les éditorialistes du Journal de Québec en donnent pour preuve que leurs papelards pourfendent sans cesse les subventions que les gouvernements dispersent scandaleusement à tout vent au-dessus des entreprises du Québec. Les seuls assistés sociaux prospères, ajoutent-ils, ce sont Radio-Canada, les organismes culturels et les hauts fonctionnaires inamovibles et incompétents. Cent vingt pour cent d'accord.

Finalement, la LNH est bien gérée. Certes, quelques franchises veulent changer d'air, d'autres subsistent grâce aux investissements publics (à ne pas confondre avec des subventions), mais il s'agit d'épiphénomènes. La masse salariale ne semble pas sous contrôle (contrairement à celle de Gesca, par exemple), mais c'est la faute au  m... syndicat. Une ville, Glendale, risque la déroute financière si son rond de glace se retrouve sans locataire, mais c'est elle qui l'a cherché, n'est-ce pas? Il y a bien les commotions cérébrales en série chez les patineurs, mais que voulez-vous, ce sont les risques du métier de gladiateur, au demeurant bien rémunéré. Quant aux bagarres, elles découlent par essence du jeu de gouret et servent de catharsis aux pulsions secrètes de la foule.

Bon, voilà que je m'échauffe de nouveau: «Chérie, où sont rangés les Ativan?»

Bon été, M. Pratte.

* L'auteur a déposé la semaine dernière une requête en nullité contre l'entente entre la Ville de Québec et Quebecor Media sur la gestion du nouveau Colisée.