Encore une fois, un organisme largement subventionné par les fonds publics se retrouve au bord du gouffre. Et encore une fois, on puisera dans les poches des contribuables pour financer le service du BIXI qui, quoiqu'utile et populaire, ne peut certainement pas être qualifié d'essentiel, loin de là.

Publié le 19 mai 2011
Christiane Bergeron-Caron
L'auteure réside à Mont-Saint-Hilaire et est une adepte des transports en commun.

Encore une fois, un organisme largement subventionné par les fonds publics se retrouve au bord du gouffre. Et encore une fois, on puisera dans les poches des contribuables pour financer le service du BIXI qui, quoiqu'utile et populaire, ne peut certainement pas être qualifié d'essentiel, loin de là.

Pourquoi ne nous explique-t-on pas clairement ce qui ne fonctionne pas à la SVLS? Comment un OSBL ayant une si courte existence se retrouve-t-il avec une dette de 37 millions de dollars? 37 millions! On ne parle pas ici de «pinottes» tout de même.

Si une entreprise privée se trouvait dans la même situation, elle ne pourrait pas compter sur des centaines de milliers de contribuables accommodants pour se renflouer. Et ce déficit ne semble que la pointe de l'iceberg, car on parle de financement total de 108 millions.

Et on ne cesse de nous jeter de la poudre aux yeux en nous parlant d'Ottawa, Londres et Melbourne et des profits potentiellement à venir pour la SVLS! Si le service est déficitaire à ce point avec 40 000 membres supposés, faudra-t-il que tous les citoyens du Québec deviennent membres pour espérer faire un premier dollar de profit? Et s'il est si rentable ailleurs pourquoi ne pas y envoyer quelques administrateurs prendre des cours de gestion des finances?

Pendant ce temps, les citoyens de Montréal doivent composer avec un réseau d'égout et d'aqueduc tellement vieux et désuet que, chaque année, des conduites éclatent et causent des dommages importants, des rues ayant l'air de champs de mines, un métro sale et fréquemment en panne, et j'en passe. Des citoyens qui en plus sont égorgés par les taxes élevées, le coût du logement qui devient de plus en plus inabordable à Montréal, le prix faramineux de l'essence et du coût de la vie en général.

Aurons-nous un jour des politiciens qui apprendront à dire NON à des projets insensés? À refuser de cautionner des sociétés dites sans but lucratif créées pour y planquer leurs «tinamis» dans des emplois grassement rémunérés?  

Je me demande sérieusement jusqu'où vous pourrez étirer l'élastique du (trop?) bon peuple québécois. Un jour, vous irez trop loin et vous le paierez cher, malheureusement. Il n'y a qu'à observer ce qui se passe dans plusieurs régions du monde actuellement et constater les réactions de peuples qui en ont plus qu'assez de faire rire d'eux.

Bien sûr, la situation n'est pas au même niveau ici, mais lorsque la population doit commencer à couper dans ses biens de première nécessité et se voit priver de services essentiels pour compenser les folies et l'incompétence de ses dirigeants, vous prenez de bien grands risques.

Richard Bergeron mentionnait récemment, en parlant de la SVLS, qu'il était temps de mettre de l'ordre là-dedans. Il a manqué une belle occasion de démontrer du courage. Il aurait fallu leur dire de ramasser leur «bicyk», de mettre tout ce beau monde dehors et de fermer les portes. Ou encore, de confier le projet à une entreprise privée gérée par des administrateurs compétents...