Nous aimerions tout d'abord rectifier les faits que vous avancez («Loto-Québec joue un jeu dangereux») quant aux frais de 300 000$ pour la campagne publicitaire du nouveau Lotto Poker.

Publié le 17 mai 2011
Jean Royer<br><i>L'auteur réplique à la lettre d'opinion d'Alexandre Thériault-Marois parue dans «La Presse» du jeudi 12 mai.</i>

Nous aimerions tout d'abord rectifier les faits que vous avancez («Loto-Québec joue un jeu dangereux») quant aux frais de 300 000$ pour la campagne publicitaire du nouveau Lotto Poker.

Cette somme de 300 000$ englobe l'ensemble des frais de production de deux messages publicitaires, en anglais et en français, couvrant le cachet des huit comédiens, les décors, les honoraires de l'agence de publicité, les frais de studio, les copies du message ainsi que leur distribution aux stations de télévision... de même que les droits de la chanson Poker Face. Notre entente avec la compagnie détenant les droits sur la chanson ne nous permet pas d'en dévoiler le montant, mais ceux-ci ne constituent qu'un faible pourcentage du déboursé total. D'ailleurs, ces frais se comparent avantageusement aux standards de l'industrie pour un tel concept.    

La version de la chanson entendue dans le message a été réenregistrée par des musiciens et une artiste québécoise, ici même au Québec. Incidemment, l'engagement de Loto-Québec envers l'industrie culturelle québécoise est entier et ne se dément pas alors qu'elle y a dédié près de 15 millions de dollars au cours du dernier exercice financier, que ce soit par le biais de son programme de commandites, de la production et diffusion d'émissions de variétés comme Célébration ou de diverses contributions aux arts de la scène et aux arts visuels.

Comme vous l'indiquez, «le jeu n'est pas mauvais en soi, mais il importe d'être contrôlé pour éviter les débordements sociaux et fiscaux». Soyez assuré que Loto-Québec a toujours fait une priorité de sa mission de «gérer l'offre de jeux de hasard et d'argent de façon responsable en favorisant l'ordre, la mesure et l'intérêt de la collectivité québécoise».

Il faut savoir que l'industrie du jeu telle qu'on la connaît actuellement au Québec est entrée dans une phase de maturité. À l'instar de toutes les industries qui se retrouvent face à cette problématique, tant du côté du commerce de détail que de l'industrie manufacturière voire même des médias, chacun cherche à renouveler sa clientèle et faire évoluer son offre de produit pour assurer la croissance, ou même le maintien de son chiffre d'affaires. Loto-Québec n'y échappe pas, mais cherche à le faire de façon responsable, en respectant la canalisation de l'offre et l'encadrement nécessaire.

S'il va de soi que Loto-Québec s'adresse à un public adulte responsable qui est en mesure de s'adonner au jeu de façon ludique et modérée, il n'en demeure pas moins que l'offre de Loto-Québec doit être suffisamment attrayante pour minimiser le développement ou la croissance des canaux illégaux ou non contrôlés. Or, notre contribution économique s'appuie en grande partie sur le maintien de l'attrait de nos produits; et si ceux-ci manquent à répondre à ses attentes, la clientèle de demain continuera de migrer vers des avenues alternatives.  

Incidemment, il est à souligner que les études démontrent que moins de 1% des adultes ont développé un problème de jeu et ce constat est stable depuis plusieurs années. En plus d'offrir un environnement divertissant et sécuritaire, Loto-Québec se fait le devoir et la responsabilité de minimiser la prévalence et les conséquences du jeu pathologique, avec comme ambition de demeurer un chef de file mondial reconnu en commercialisation responsable de jeux de hasard et d'argent.

* L'auteur est premier vice-président et chef de l'exploitation Loto-Québec.