Le printemps, c'est l'émerveillement, la renaissance, la détente. Malheureusement, au secondaire, pour plusieurs élèves, c'est l'annonce d'une série d'examens; d'une saison stressante. Dans la plupart des matières, les adolescents font la démonstration de leurs apprentissages.

Kim Messier<br><br><i>L'auteure est enseignante en français, langue d'enseignement, troisième secondaire.</i> CYBERPRESSE

Le printemps, c'est l'émerveillement, la renaissance, la détente. Malheureusement, au secondaire, pour plusieurs élèves, c'est l'annonce d'une série d'examens; d'une saison stressante. Dans la plupart des matières, les adolescents font la démonstration de leurs apprentissages.

En français, langue d'enseignement, ces jeunes doivent, entre autres, démontrer leur maîtrise de la compétence «écrire des textes variés». Cette année, en deuxième et en cinquième secondaire, cette évaluation prendra la forme d'une épreuve obligatoire se déroulant du 6 au 19 mai 2010. TOUS LES ÉLÈVES, qu'ils aient ou non des problèmes d'attention, des dyslexies, des retards d'apprentissage ou d'autres particularités, devront réaliser l'examen en trois heures et 15 minutes. Ce ne sont que les jeunes ayant reçu un diagnostic médical et ayant un plan d'intervention, avec un ou plusieurs spécialistes, qui auront droit de faire l'examen dans des conditions particulières ou de prendre plus de trois heures pour rédiger leur texte. Qu'en est-il des autres?

Ceux qui sont en attente d'un diagnostic parce que leurs parents ne réussissent pas à rencontrer, plus de deux fois par année, le médecin de famille. Ceux qui sont diagnostiqués, mais qui n'ont pas accès à des spécialistes faute d'argent ou de ressources. Ceux qui ne peuvent suivre des cours privés pour combler leurs retards d'apprentissage parce que leurs parents ne peuvent guère débourser plus! Malheureusement, ils doivent se débrouiller. Avec l'application de la réforme dans les écoles, le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport accorde beaucoup d'importance au jugement professionnel des enseignants en ce qui concerne les évaluations, et cela, tout au long de l'année. En imposant un trois heures de rédaction pour tous, le Ministère suppose qu'il y a uniformité chez les étudiants. Pourtant, ce n'est pas le cas. Ne pourrait-il pas se fier au jugement professionnel des enseignants travaillant avec ces jeunes en difficulté et permettre à ces professionnels de déterminer les mesures à adopter?

Dans le fond, le problème n'est pas l'imposition d'un nombre d'heures précis puisque la plupart des étudiants réussiront l'épreuve en mettant à profit leurs connaissances sur le type de texte à rédiger et leurs stratégies de correction; si celles-ci ont été convenablement travaillées dans l'année, évidemment! Le problème, c'est d'uniformiser une évaluation sur la compétence à écrire et de s'en servir afin de fournir des données nationales et locales particulièrement au terme du premier cycle du secondaire, pour chacun des élèves, sans tenir compte de leurs notes obtenues dans l'année.