Le nombre de joueurs de golf est en baisse au Québec depuis cinq ans, selon les données recueillies par le journaliste Hugo Fontaine, de La Presse. La récession a eu un impact, mais la tendance à la baisse s'est amorcée avant même le ralentissement économique. À l'Association des terrains de golf du Québec, on attribue cette tendance, notamment, au fait que les jeunes golfeurs jouent moins souvent que leurs aînés.

CYBERPRESSE

Selon vous, pourquoi le golf est-il en perte de vitesse? Faites-nous part de votre opinion à forum@lapresse.ca. Les commentaires signés seront publiés sur Cyberpresse et/ou dans La Presse.

VOS COMMENTAIRES

De l'assouplissement

Je joue au golf depuis mon adolescence et c'est un sport que j'aime beaucoup.   À cette époque, les jeunes avaient leur place sur un terrain de golf avec certaines restrictions.  Nous devions avoir quitté le terrain pour midi, pour laisser les adultes jouer.  Il y avait aussi un pro qui aimait enseigner aux jeunes et qui nous encadrait.  Et le coût, pour nos parents, était minime.  Aujourd'hui, tout cela coûte cher.  Dans la plupart des golfs publics, le prix de la partie de golf est le même pour un junior et un adulte.  Et pourquoi y a-t-il, comme dans les stations de ski, une échelle de prix différente les weekends? Ce n'est pas fait pour attirer les gens qui travaillent toute la semaine et ne peuvent se permettre de profiter des prix de semaine.  Ceci est discriminatoire et profiteur, car il n'y a pas de raison véritable pour cette politique de prix.  Si on veut voir un spectacle, on paiera le même prix la semaine que le samedi ou dimanche!  Pourquoi pas au golf ou en ski? Et que dire des marshals qui ont des préjugés importants envers les jeunes et les femmes, et qui ne manquent pas de surveiller de très près un quatuor de femmes.  Aussi, donner des départs à des intervalles de huit minutes n'accélère pas le jeu, mais, au contraire, le retarde, puisque le joueur se sent pressé et, comme on le sait, un joueur stressé est un joueur qui manquera son coup et, par le fait même, allongera sa partie.  Le golf demande de la concentration et du temps, beaucoup de temps.  Certains terrains permettent de jouer un neuf trous seulement.  Pourquoi les clubs ne généralisent-ils pas cette pratique? On n'a pas toujours six heures à consacrer à un sport et bien souvent on se contenterait d'un neuf trous.

Paule Blain, Oka

* * *



Pour garder la forme

J'ai 68 ans. Je joue au golf deux à trois fois par semaine, toujours à pied. J'ai l'avantage d'être retraité et donc d'avoir du temps libre. Il est très rare qu'une partie me prenne plus de quatre heures et demie, contrairement à la croyance populaire. J'évite les samedis et dimanches avant-midi, à cause de l'achalandage.  Ceux qui pensent que le golf est un sport de paresseux, je les invite à venir jouer avec moi, en marchant. Je trouve paresseux les jeunes qui se promènent en voiturette électrique sur le terrain. Le golf, joué de cette façon, ne fait pas dépenser beaucoup de calories, surtout quand ils prennent une petite bière pendant la partie, à la demi-partie et à fin de la partie.  Une partie de golf me coûte en moyenne 25 $. Je ne vais pas jouer sur les terrains à 60 $ la partie. Je joue sur de bons terrains, qui offrent des rabais selon le nombre de parties que l'on veut jouer, sans nécessairement prendre un abonnement annuel.  La température joue un rôle important dans la diminution du nombre de parties jouées. Le moindrement que les médias annoncent une possibilité de pluie, les terrains sont moins fréquentés. Pourtant, presque tous les terrains offrent maintenant une garantie « soleil », c'est-à-dire un billet pour une partie gratuite, si la pluie nous empêche de terminer notre partie.  Les nouveaux joueurs se découragent vite. Car ils essaient de jouer, sans avoir suivi un cours et surtout, sans avoir fréquenté un terrain de pratique. On n'apprend pas à jouer au golf en regardant les tournois télévisés.  Certes le golf coûte plus cher que de s'asseoir devant la télévision ou sur le bord de la piscine. Mais ça me tient en bonne forme physiquement. Toutefois, parfois le golf est très dur pour le moral!

Robert Capistran, Laval

* * *



Défendeur du sport

Étant un golfeur depuis presque 30 ans, je me nomme défendeur du sport.  D'après ce que j'ai lu, les commentaires semblent tous venir de ceux qui ne jouent qu'une ou deux parties par saison.  Une ronde de golf ne doit pas dépasser quatre heures et demie. Les clubs privés, eux, ouvrent à 7 h. Nous jouons tout le temps avec un départ entre de 5 h 30 et 7 h, sur presque tous les terrains publics. Notre partie ne prend que trois à quatre heures. Ceux qui pensent que marcher une ronde de golf n'est pas cardio , qu'ils le fassent sur quelques terrains des Basses-Laurentides. Tous les terrains ne sont pas plats.  Le golf est un sport  qui exerce le contrôle de soi, l'honnêteté et le savoir-vivre. C'est le sport le plus difficile à apprendre et à jouer, mais c'est tellement agréable, même quand ça va mal. Un vieux dicton dit qu'une mauvaise journée au golf est encore mieux qu'une bonne journée au bureau.

M. DeMahy

* * *



L'effet Hygrade

J'abonde dans le même sens que les autres, mais j'aimerais quand même ajouter quelques éléments.  Pour couvrir leurs frais, les clubs de golfs organisent les tournois de compagnies les fins de semaine. Donc, quand vous travaillez la semaine, eh bien, votre fin de semaine est à l'eau.  En parlant d'eau, les deux dernières années n'ont pas aidé à la pratique du golf.  Et pour terminer, moins il y de membres, plus les frais augmentent, et plus les coûts augmentent, moins il y a de membres

Jean Samuel Duparquet (Abitibi) ici la saison est très courte....

* * *



Penser aux jeunes

La popularité du golf est à la baisse à cause des coûts de la carte de membre et de l'équipement.  Aussi plusieurs clubs demandent trop cher pour les jeunes et ne leur permettent pas de jouer à des heures convenables.  Ces jeunes sont des futurs membres et on ne leur donne pas la chance de pratiquer ce sport.  J'ai passé quatre ans au Nouveau-Brunswick et il y a toute une différence avec le Québec : stages, tournois, heures convenables, carte de membre à prix raisonnable.

Réjean Leblanc

* * *



Réseautage

Ayant été moi-même un joueur assidu et membre d'un club privé, je crois qu'il y a plusieurs raisons qui expliquent le déclin du golf.  D'abord, le golf a toujours été davantage une activité de réseautage qu'un sport. Les plus vieux se souviennent probablement de l'époque des clubs privés.   On jouait alors au golf pour appartenir à un groupe ou pour faire des affaires. Les dépenses reliées au golf, y compris les abonnements annuels, étaient déductibles d'impôts.   Les entreprises récompensaient leurs employés et leurs clients en les envoyant jouer au golf, dans des clubs huppés. Et ça coûte cher...   Lorsque le gouvernement a coupé ces déductions, il a sonné le glas des clubs de golf privés.  Et pour le réseautage, on repassera. Même les tournois sont devenus ridicules. On refuse maintenant d'y participer.  Autre problème pour les clubs de golf : le manque d'appartenance. Devenir membre d'un club coûte cher et il y a peu de travailleurs aujourd'hui qui peuvent espérer conserver le même emploi pendant 20, 30 ou 40 ans.  Idem pour le domicile familial. Les gens bougent plus qu'avant donc sont moins enclins à se limiter à un seul club de golf. Voilà pour les clubs privés.  Pour ce qui est des clubs publics, ils sont les seuls à blâmer pour leurs problèmes :  trop de joueurs par jour, des « marshals » qui vous poussent dans le dos pour faire le 18 trous en quatre heures et demie au  maximum, des joueurs qui ne respectent ni l'étiquette ni même le plus simple savoir-vivre, la consommation de bière sur le terrain, l'obligation de jouer avec une voiturette l'habillement non réglementaire.   Le golf est avant tout un sport de gentleman, mais qui a été présenté comme un sport de masse. C'est une erreur. Ne joue pas au golf qui veut. Et ce n'est surtout pas une activité qui se joue rapidement.   C'était justement peut-être le dernier endroit ou l'on pouvait s'amuser et relaxer tout en faisant de l'exercice. Maintenant, les clubs de golfs publics sont devenus des champs de tir... J'ai cessé d'y aller, ce n'est plus amusant...

Claude Senechal

***

Les clubs sont à blâmer

Peu de gens connaissent les règles du golf, ce qui allonge les parties de golf. Moi-même, qui jadis était un joueur assidu, j'ai abandonné, car les rondes peuvent s'allonger jusqu'à une durée de six heures. En y ajoutant le transport, on peut y avoir passé la journée. Aussi, certains clubs n'ont qu'eux à blâmer.  Voulant profiter de la manne à la fin des années 90, ils ont établi les départs toutes les huit minutes. Comment voulez-vous gérer convenablement dans de telles circonstances? Les parties débutant à 7 h, c'est fini pour moi!

André Ouellet

* * *



Une activité mangeuse de temps

Le golf est en déclin tout simplement parce que le golf est activité relativement coûteuse et qui demande énormément de temps.  Dans une période où tout le monde semble courir après le temps, le golf ne devient plus une activité attrayante.  En effet, il faut se réserver une plage horaire d'environ six heures et parfois même plus en comptant le temps de déplacement et la bière au dix-neuvième trou... Je pense que, de nos jours, les gens préfèrent consacrer plus de temps à leur famille les fins de semaine et justement tenter de trouver un sport ou une activité qu'ils peuvent pratiquer aisément avec leur conjointe et leurs enfants.

David Robinson, avocat

*  *  *

Le gouvernement a sonné le glas des clubs de golf privés



Ayant été moi-même un joueur assidu et membre d'un club privé, je crois qu'il y a plusieurs raisons qui expliquent le déclin du golf.  D'abord, le golf a toujours été davantage une activité de réseautage qu'un sport. Les plus vieux se souviennent probablement de l'époque des clubs privés. On jouait alors au golf pour appartenir à un groupe ou pour faire des affaires. Les dépenses reliées au golf, y compris les abonnements annuels, étaient déductibles d'impôts. Les entreprises récompensaient leurs employés et leurs clients en les envoyant jouer au golf, dans des clubs huppés. Et ça coûte cher... Lorsque le gouvernement a coupé ces déductions, il a sonné le glas des clubs de golf privés. Et pour le réseautage, on repassera. Même les tournois sont devenus ridicules. On refuse maintenant d'y participer. Autre problème pour les clubs de golf: le manque d'appartenance. Devenir membre d'un club coûte cher et il y a peu de travailleurs aujourd'hui qui peuvent espérer conserver le même emploi pendant 20, 30 ou 40 ans.  Idem pour le domicile familial. Les gens bougent plus qu'avant donc sont moins enclins à se limiter à un seul club de golf. Voilà pour les clubs privés. Pour ce qui est des clubs publics, ils sont les seuls à blâmer pour leurs problèmes: trop de joueurs par jour, des «marshals» qui vous poussent dans le dos pour faire le 18 trous en quatre heures et demie au maximum, des joueurs qui ne respectent ni l'étiquette ni même le plus simple savoir-vivre, la consommation de bière sur le terrain, l'obligation de jouer avec une voiturette l'habillement non réglementaire. Le golf est avant tout un sport de gentleman, mais qui a été présenté comme un sport de masse. C'est une erreur. Ne joue pas au golf qui veut. Et ce n'est surtout pas une activité qui se joue rapidement. C'était justement peut-être le dernier endroit ou l'on pouvait s'amuser et relaxer tout en faisant de l'exercice. Maintenant, les clubs de golfs publics sont devenus des champs de tir... J'ai cessé d'y aller, ce n'est plus amusant...

Claude Senechal

* * *



Trop accaparant, cher et antifamilial

En incluant le déplacement, il faut calculer entre sept et huit heures pour jouer une partie de golf. Pour que le coût d'un abonnement soit raisonnable, il faut jouer un grand nombre de parties au cours de la saison, tant la semaine que pendant les weekends. Or, le nombre de personnes qui peuvent s'absenter du travail deux jours par semaine est assez restreint et ce sont surtout des personnes plus âgées. Pour ce qui est du golf les fins de semaine, on doit reconnaître que c'est une pratique antifamiliale. Là encore, ce sont surtout les familles dont les enfants sont élevés qui peuvent se permettre de s'absenter pendant presque toute la journée pendant les weekends.  Les retraités disposent cependant de plus de temps pour jouer au golf. Pour nombre d'entre eux toutefois, c'est le coût pour devenir membre et les frais de jeu annuels qui font le plus souvent l'obstacle. La situation des femmes est semblable. Combien d'entre elles peuvent s'absenter du travail deux jours par semaine? Pour les autres, c'est une question d'argent dans bien des cas. À la suite d'efforts de publicité, les clubs de golf du Québec avaient réussi à augmenter le nombre de femmes parmi leurs membres, il y a une dizaine d'années. Je crois cependant comprendre qu'au fil des dernières années, le nombre de membres féminins a été en déclin et personne ne sait vraiment pourquoi.  Dans de nombreux clubs, les jeunes joueurs de moins de 20 ans sont encouragés par diverses initiatives. On a ainsi réussi à initier et à faire progresser des jeunes prometteurs au golf. Toutefois, pour persévérer au golf, il faut avoir du succès, car beaucoup d'autres activités sollicitent les jeunes. En général, les jeunes qui jouent au golf ont des parents qui eux-mêmes jouent au golf et les encouragent à pratiquer ce sport.

Jean-Michel Paris

* * *



Le golf est mort

Le golf est en déclin pour au moins dix raisons: c'est ennuyeux à regarder; c'est élitiste;  ça coûte cher; plusieurs villes ont décidé de créer un «quartier du golf» pour y construire des «monster Houses»; c'est antiécologique; parce qu'un gazon tondu à un demi-pouce n'est pas un «retour à la nature»; c'est à peine cardio, et ça, c'est si on n'utilise pas les voiturettes; aucun Québécois ne s'illustre au golf; parce qu'il y a de la neige au moins quatre ou cinq mois par année; parce que des «gougounes de phentex» c'est laid, mais, pour couvrir des bâtons de golf, c'est carrément risible; et que dire des bas, de la casquette, des bermudas à carreaux?

Le golf est mort.  Vive le soccer!

Frédéric Picard

* * *



Le harcèlement des marshals

Les propriétaires de terrains de golf n'ont qu'eux à blâmer. Il y a quelques années, j'ai tenté d'intéresser mes deux fils au golf, mais le harcèlement des marshals les a vite désintéressés de ce sport. Je m'assurais pourtant qu'ils ne retardent pas les joueurs derrière nous. Ils avaient suivi des cours et jouaient raisonnablement bien. Mais dès qu'ils mettaient les pieds sur un terrain de golf, les désagréments commençaient. On venait les avertir dès que leur polo n'était pas convenablement mis dans leur short. S'ils rataient un coup et qu'ils cherchaient leur balle, le marshal apparaissait. Jamais, comme golfeur, je n'ai vu un tel zèle, et ce, sur plusieurs terrains différents.  Je me suis plaint à quelques reprises, en leur disant qu'un jour, ils regretteraient leur attitude envers les futurs golfeurs. Je ne croyais pas si bien dire.

Luc Allaire, Montréal

* * *



D'autres priorités

Je fais sûrement partie de la statistique à la baisse. Je suis un travailleur autonome âgé de 44 ans et j'ai deux enfants, âgés de 11 et 13 ans. J'adore le golf et j'ai joué de mon adolescence jusque dans la trentaine. J'ai dû comprendre, à ce moment, que je devais laisser cette activité de côté pour les raisons suivantes: cela prend trop de temps, c'est trop cher, c'est insuffisant pour garder la forme physique et c'est difficile de s'y adonner avec les enfants. De plus, je crois que la force grandissante du soleil a joué dans ma réflexion également, car, à moins d'y aller tôt le matin, le soleil draine toute l'énergie et vous enlève tout désir de faire quoi que ce soit par la suite. Ce qui n'est pas évident, quand d'autres obligations vous attendent.

François Courion

* * *



L'avenir est au vélo

Le golf est à son déclin à cause du coût élevé pour jouer une ronde et le fait qu'il faut y consacrer une journée entière. Le golf est un jeu individuel qui ne se pratique pas en famille. Les jeunes et les plus vieux, comme moi, préfèrent rouler à vélo. Le vélo peut se pratiquer individuellement, en famille ou en groupe. Il est accessible à tous les niveaux et à tout âge. Vélo de route, vélo de montagne, vélo de ville, triathlon, etc., il y en a pour tous les goûts. Il est possible de rouler 20 ou 100 km dans une journée selon tes souhaits et préférences, et ça ne coûte rien ou presque. À présent, il y a des clubs de vélo pour retraités, hommes d'affaires, médecins et autres professionnels. Les meetings d'affaires se tiennent désormais assis sur une selle autant que dans une voiturette de golf.

Armand Guillet, ingénieur

* * *



Trop strict

Il y a la durée des parties qui est longue, le jeu qui est compliqué et peu d'avantages financiers à jouer un 9 au lieu d'un 18 trous. Mais principalement, ce qui m'a fait complètement décrocher, c'est ce code vestimentaire obligatoire totalement ridicule. Par exemple, si l'on porte un bermuda, il faut qu'il soit sans poche avant et surtout pas de couleur kaki. Aussi, on a déjà exigé non pas des bas sports qui montent aux chevilles, mais des bas qui vont jusqu'aux genoux. Comme si le fait de s'habiller en écolier de 1950 allait influencer quoi que ce soit au jeu. Lorsque j'ai vu les ''protocoles'' de bienséance et les codes vestimentaires être strictement imposés - et je n'exagère pas - j'ai décroché très vite de ce loisir. Les propriétaires de terrain n'ont vraiment qu'eux à blâmer sur le désintérêt des jeunes.

Simon Baune, Montréal