La chaîne d’approvisionnement est mise à mal : les stocks sont plus rares et les prix plus élevés. De plus, on assiste à une hausse des coûts liés au transport, mais aussi à une diminution des espaces d’entreposage disponibles.

Publié le 4 août
Véronique Proulx
Véronique Proulx Présidente-directrice générale, Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), et d'autres signataires*

Nous mesurons chaque jour les conséquences de notre vulnérabilité, ce qui remet grandement en question la conservation de nos approvisionnements, devenant ainsi un enjeu définitif pour le pouvoir d’achat des Québécoises et des Québécois.

Force est de constater que la chaîne logistique est sous pression. Que ce soient les acteurs de la voie navigable du Saint-Laurent et du Saguenay, tout le réseau routier connecté directement aux systèmes autoroutiers ontarien et américain, les postes frontaliers, les réseaux ferroviaires ou encore les trois aéroports internationaux, y compris celui destiné exclusivement au fret, chacun de ces maillons fait face à des enjeux immenses.

Cette chaîne logistique permet aux 10 000 entreprises exportatrices une ouverture vers le monde et aux 30 000 entreprises qui importent de s’approvisionner en matières premières. Cependant, en raison, entre autres, de la pandémie liée à la COVID-19 et à l’instabilité des marchés économiques mondiaux, la fluidité de cette chaîne est, plus que jamais, mise à mal.

Jamais nous n’avons d’ailleurs autant entendu parler de chaîne d’approvisionnement et de logistique.

Au Québec, nous avons la chance de compter sur cette chaîne exceptionnelle, qui mérite aussi une attention d’exception en cette période de bouleversements.

C’est pourquoi nous, Manufacturiers & Exportateurs du Québec, CargoM, acteur majeur de la chaîne logistique montréalaise, et la Société de développement économique du Saint-Laurent qui représente l’industrie maritime au Québec, sommes tous résolus à trouver et développer ensemble des solutions aux enjeux actuels. Il nous faut toutefois pouvoir compter sur la collaboration du gouvernement du Québec et de celui du Canada.

Mise en place rapide

Pour une plus grande fluidité des marchandises, nous recommandons à l’ensemble des instances gouvernementales de mettre rapidement en place des actions qui non seulement auront un impact dans le contexte actuel, mais aussi à plus long terme, car il serait illusoire de croire que la pression actuelle n’est que conjoncturelle et passagère.

Pour nous, il apparaît prioritaire de développer des centres de transbordement le long du Saint-Laurent pour permettre de transférer les marchandises et éviter les congestions. Il est aussi urgent d’investir dans les infrastructures ferroviaires, maritimes et routières afin qu’elles soient compétitives face à ce qui se fait ailleurs dans le monde tout en favorisant la mise en place de solutions technologiques pour permettre d’optimiser les flux des chaînes logistiques.

En parallèle, il faut adapter l’offre de formation afin de mieux outiller la main-d’œuvre d’aujourd’hui et les employés de demain à l’utilisation des nouvelles technologies.

Nous avons le devoir de changer les enjeux d’aujourd’hui en opportunités pour demain.

Les maillons sont solides. Il faut faire en sorte que la chaîne tienne bien en place. Cela nous concerne tous.

*Mathieu Charbonneau, directeur général, CargoM, et Mathieu St-Pierre, président-directeur général, Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES)

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