La stimulation magnétique transcrânienne répétitive est une lueur d’espoir

Publié le 18 janvier
Mohammed Zaari Jabiri
Mohammed Zaari Jabiri Médecin psychiatre, professeur d’enseignement clinique, Université de Sherbrooke

La recrudescence des cas de COVID-19 est un coup dur pour les personnes qui souffrent déjà de dépression. La pandémie aura exacerbé les failles de ce qui était d’ores et déjà le parent pauvre de la médecine : la santé mentale.

La dépression est parmi les maladies mentales les plus fréquentes. Une personne sur quatre souffrira d’une dépression assez grave dans sa vie pour devoir se faire soigner. Elle peut survenir à une ou plusieurs reprises au cours de la vie d’une personne, elle peut aussi être chronique. On connaît tous l’impact de la dépression sur notre société autant sur le plan économique, social, professionnel ou familial. Je me dis souvent qu’on serait tellement plus gagnants à y investir davantage.

Il existe différentes manières pour soigner la dépression, telles que la psychothérapie, les médicaments ou par une combinaison de plusieurs outils thérapeutiques. Il faut parfois essayer plusieurs traitements, s’armer de patience et, surtout, ne pas céder au désespoir.

Cette pandémie jette de l’huile sur le feu, l’isolement social, le manque d’accès à des soins, les pertes d’emploi, les difficultés familiales, le confinement. Toutes ces choses font qu’il y a de plus en plus de risques de tomber en dépression ou d’exacerber ce mal.

Depuis 2017, j’ai eu le privilège de travailler avec une autre option thérapeutique contre la dépression qui, à mon sens, mériterait un plus grand éclairage.

Un traitement médical approuvé depuis 2002 par Santé Canada pour le traitement de la dépression, ce traitement est validé scientifiquement par les guides de pratique canadiens pour traiter des patients qui souffrent de dépression et qui n’ont pas répondu à un premier essai d’antidépresseurs. Il démontre des taux de réponse entre 15 et 40 %, ce qui est beaucoup. Cette option thérapeutique malheureusement encore peu connue, c’est la stimulation magnétique transcrânienne répétitive (SMTr).

Cette technologie utilise des impulsions magnétiques qui induiront des courants électriques au niveau des neurones de la région du cortex visé, ça stimule des neurotransmetteurs tels que la dopamine et la sérotonine qui agissent directement ainsi sur l’humeur. Aucun agent anesthésiant n’est nécessaire. Il s’agit d’une procédure, d’une durée d’environ 15 minutes, sécuritaire non invasive, la personne est alerte et aucune période de repos ou de récupération n’est nécessaire par la suite. Les patients peuvent retourner à leurs activités quotidiennes, y compris conduire leur automobile. La plupart des patients voient une amélioration de leurs symptômes après seulement quelques séances.

Une évaluation doit être faite, au préalable, par un psychiatre, car ce traitement ne s’applique pas à tous les patients souffrant de dépression. Un suivi est requis pendant et après le traitement.

La stimulation magnétique transcrânienne répétitive est somme toute assez peu offerte dans les hôpitaux et cliniques du Québec. Depuis 2017, j’ai constaté l’impact positif chez de nombreux patients, je pense très souvent à ceux qui n’y ont pas accès.

J’aimerais qu’on donne cette lueur d’espoir aux personnes souffrant de dépression. Prévenir ainsi des suicides, épargner des vies humaines, permettre à des gens de reprendre plus rapidement goût à la vie, reprendre leur travail, des relations familiales et sociales, et briser l’isolement de façon générale.

En ce début d’année, et en cette période particulièrement difficile de pandémie pour les personnes souffrant de dépression, je souhaite de tout cœur que cette technologie novatrice susceptible d’avoir un impact sur tant de personnes se retrouve dans un plus grand nombre d’hôpitaux et de cliniques dans tout le Québec.

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