En novembre 2020, le démocrate Joe Biden a remporté une victoire décisive aux États-Unis contre le président sortant, Donald Trump. Et ce, malgré l’absence de concession du président Trump et de ses efforts pour mettre en doute les résultats du scrutin devant les tribunaux.

Publié le 27 déc. 2021
John Parisella
John Parisella professeur invité au CERIUM, ancien Délégué général du Québec (New York et Washington) et Conseiller spécial chez National

On connaît la suite. Trump a encouragé ses partisans les plus radicaux à contester cette élection dans les murs même du Congrès, à Washington, le 6 janvier dernier. Les violences qui s’en sont suivies furent qualifiées d’« insurrection appréhendée ». L’enquête sur ces évènements se poursuit.

Dans les premiers mois de son mandat, l’administration Biden-Harris a réussi à imposer son programme politique. La vaccination contre la COVID-19 s’est accélérée, la croissance économique a pris de l’ampleur et un plan de relève post-pandémie (de près de 2000 milliards US) a été adopté par le Congrès.

À l’international, l’administration américaine a réinstauré un ton de conciliation auprès de ses alliés et des institutions. Le sommet virtuel Biden-Trudeau du 23 février a amorcé cette démarche.

Si bien que, six mois après son entrée à la Maison-Blanche, le président Biden avait le vent dans les voiles. Son taux d’approbation moyen se chiffrait à 55 %, et les indicateurs de la pandémie étaient encourageants. Bref, un bon départ, malgré un climat politique toujours aussi clivé entre démocrates et républicains.

C’est au mois d’août que le vent a tourné pour l’administration Biden-Harris. Le retrait hâtif – et jugé raté – des troupes américaines en Afghanistan a changé la donne. Des alliés et des réfugiés potentiels ont été pris de court par la décision du président Biden entrée en vigueur le 31 août. Encore aujourd’hui, ses répercussions se font sentir.

Depuis, d’autres défis se sont imposés. L’arrivée des variants Delta et Omicron a ramené la pandémie au sommet des priorités. L’hiver s’annonce déjà difficile…

Le taux d’inflation, le plus élevé depuis les années 1990, se fait également sentir dans les foyers américains. Résultat : l’administration Biden-Harris affiche aujourd’hui un taux de satisfaction moyen de 45 %. Seul Donald Trump présentait un score aussi bas dans un premier mandat à la veille des élections de mi-mandat. Ce qui n’augure rien de bon pour Joe Biden à l’approche de ce rendez-vous électoral, au mois de novembre prochain.

Perspectives 2022

Pendant ce temps, la croissance économique se maintient, le taux de chômage est à son plus bas (4,2 %) et les marchés boursiers continuent de performer. Malgré tout, l’inflation ne semble pas vouloir s’essouffler à court terme et les problèmes reliés aux chaînes d’approvisionnement demeurent entiers, en dépit des propos encourageants du président. La montée fulgurante du variant Omicron menace également la reprise économique.

L’ambitieux programme législatif de Joe Biden rencontre aussi de la dissension au sein même de son parti. Le projet prioritaire Build Back Better (un plan d’infrastructures sociales et économiques qui comprend des mesures en santé et en environnement) se bute à la résistance des sénateurs Joe Manchin, de la Virginie-Occidentale, et Kristen Sinema, de l’Arizona.

Cette division entre les démocrates modérés et les progressistes se poursuivra en 2022.

Sur le front de la politique étrangère, l’avenir ne s’annonce guère plus prometteur. L’imbroglio de l’Afghanistan continuera de dominer l’actualité alors que, sur le terrain, le gouvernement des talibans s’impose avec brutalité et que l’incertitude règne autour de l’avenir de futurs réfugiés. La crise humanitaire qui s’aggrave risque aussi de faire les manchettes dans les prochains mois.

La Russie sous Poutine continue d’accroître ses menaces à la frontière de l’Ukraine. La possible invasion du territoire représentera à coup sûr un défi pour l’OTAN et les alliés américains.

La menace de la Chine envers Taiwan et le récent échec des Américains pour relancer l’accord sur le nucléaire iranien s’ajouteront aux préoccupations auxquelles fera face l’administration Biden-Harris.

Mais les prochains mois ne sont pas entièrement sombres pour le président Biden. Des retombées positives de son programme d’infrastructures, adopté en novembre grâce à l’appui d’une dizaine de sénateurs républicains, sont à prévoir. Il poursuivra aussi ses efforts pour mettre de l’avant les initiatives issues de deux sommets mondiaux, la COP26 sur les changements climatiques et celui sur la démocratie rassemblant plus d’une centaine de pays.

On peut aussi s’attendre à ce que le président Biden et le sénateur Manchin trouvent un terrain d’entente quant au plan Build Back Better.

Mais force est d’admettre que l’an deux de la présidence de Joe Biden ne s’annonce guère plus facile que sa première année à la Maison-Blanche.

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