Six ans après l’accord de Paris qui se voulait déterminant en matière d’engagement des États dans la lutte contre les changements climatiques, la 26e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) présente certaines pistes d’action intéressantes qui pourraient inspirer la future Politique nationale d’architecture et d’aménagement du territoire.

Publié le 9 déc. 2021
Martin Vaillancourt
Martin Vaillancourt Directeur général du Regroupement des conseils régionaux de l’environnement (RNCREQ)

Tout d’abord, un constat s’est imposé à ceux et celles qui ont pu assister à la COP26 : les villes et les agglomérations urbaines de toutes tailles jouent désormais un rôle de plus en plus important à l’égard des changements climatiques. Ce palier d’intervention local est déjà en action, notamment par l’entremise de l’aménagement. Que ce soit par l’électrification des transports collectifs, par la rénovation du patrimoine bâti, par l’accroissement de la canopée et par la consolidation des espaces verts afin de maintenir des corridors écologiques, les villes cherchent à diminuer les émissions sur leur territoire et à atténuer les effets des changements climatiques.

Une autre avancée significative à la COP26 est la reconnaissance que la crise climatique est intimement liée à la fragilisation de la biodiversité et que les efforts nécessaires pour atténuer les changements climatiques passent en partie par des solutions fondées sur la nature.

Il est en effet essentiel de protéger la biodiversité et les milieux naturels, car ils sont indispensables à la régulation du climat, en rendant des services tels que la filtration et la régulation de l’eau, la pollinisation, mais aussi la production de nourriture et de matériaux.

À l’instar des villes qui passent à l’action et qui intègrent désormais la protection de la biodiversité, le gouvernement du Québec doit être exemplaire et coordonner les objectifs tout en facilitant les moyens d’action des municipalités. C’est ce rôle que peut jouer la Politique nationale d’architecture et d’aménagement du territoire (PNAAT) qui est en cours d’élaboration. Elle est déterminante pour atteindre les cibles que le Québec s’est fixées, car l’aménagement du territoire devient un outil d’intervention transversale. Il peut favoriser la réduction de gaz à effet de serre, il permet de protéger les milieux naturels et agricoles, et il contribue à la résilience des communautés et des écosystèmes.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHVES LA PRESSE

Le marais Léon-Provancher à Neuville, millieu naturel riche en biodiversité

Un « Plan Sud »

La reconnaissance de l’importance de la biodiversité à la COP26 est donc une avancée sur laquelle il nous faut construire, et rapidement. Les solutions sont accessibles, nombreuses, et porteuses d’espoir. Plusieurs réponses sont mises de l’avant à travers le livre blanc « Un Plan Sud pour le Québec ».1 Issu de la collaboration entre le milieu universitaire et le milieu de la conservation de la nature, ce livre est le résultat d’une large consultation effectuée auprès de plus de 200 parties prenantes. Il propose une quarantaine de recommandations pour accélérer la protection des milieux naturels situés au sud du 49e parallèle. Divisées en six grandes orientations, les recommandations proposent d’intégrer la protection et la conservation de la biodiversité dans l’aménagement du territoire à tous les niveaux, de fixer des cibles intermédiaires à l’horizon 2022 et 2025 de façon à pouvoir atteindre l’objectif de 30 % du territoire terrestre en 2030 et de mieux outiller les municipalités dans leurs efforts de conservation.

La lutte contre les changements climatiques nécessite une approche coordonnée et globale, cela appelle toutes les parties prenantes à reconnaître des intérêts communs, à poursuivre des objectifs communs et à gérer des risques communs. L’objectif de la COP26 était de préciser ces objectifs et de parfaire la feuille de route pour les atteindre. La PNAAT peut et doit être ambitieuse et permettre de définir les objectifs communs en matière d’aménagement du territoire pour que tous les décideurs publics puissent être cohérents.

1. Consultez la page Un Plan Sud pour le Québec
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