Je suis un Montréalais vivant à New York, mon lieu de résidence des 35 dernières années. Je suis parti peu de temps après avoir obtenu mon baccalauréat de l’Université McGill, en 1984. Heureusement, je maintiens un lien avec le Québec grâce à l’initiative du réseau 80 pour 80 du gouvernement du Québec, qui cherche des occasions de collaboration d’affaires entre le Québec et les États-Unis.

Publié le 6 déc. 2021
Mitchell Scherzer
Mitchell Scherzer Montréalais installé à New York

Je remercie Google Traduction et un bon ami québécois pour l’aide avec cette traduction (le pupitre et la révision de La Presse ont apporté quelques corrections). Mon immersion française en 7e année ne pouvait pas m’emmener loin !

Je visite Montréal chaque année pour voir ma famille et mes amis.

Marcher dans les rues montréalaises et découvrir la grandeur de cette ville me fait dire une chose à mes amis québécois francophones : félicitations. Vous avez prospéré. Mission accomplie. En fait, vous ne le savez peut-être pas, mais vous êtes invaincus.

Le Montréal des années 60 et 70 dans lequel j’ai grandi a toujours eu une place spéciale sur la scène mondiale. Unique. Avec son multilinguisme, il ne ressemblait à aucune autre ville d’Amérique du Nord. Mais le Québec francophone a naturellement cherché à faire avancer l’indépendance et les lois linguistiques pour établir la primauté du français – ou peut-être sa survie – dans une ville qui devait tant de sa grandeur et de sa « singularité » à sa « francophonie ».

Du vide créé par le départ des entreprises et d’une grande partie de la population anglophone, une nouvelle économie et un nouvel esprit français ont émergé pour refaire la ville à leur image. L’émergence de Montréal en tant que plaque tournante de la technologie et de l’intelligence artificielle, ainsi que ses sciences de la vie dynamiques et sa technologie de la voiture intelligente ou électrique, est impressionnante. Une nouvelle génération de Québécois francophones industrieux a reconstruit l’économie de la province et, ce faisant, a ajouté à son ambiance culturelle distinctive. Alors, je dis : Québec, vous avez prospéré. Une grande nation-province de classe mondiale qui continue d’évoluer. On appelle New York le grand melting-pot, mais honnêtement, Montréal est le real deal des cultures intégrées tout en présentant un visage résolument français au monde.

Je soulève ce phénomène dans le contexte des nouvelles lois linguistiques à l’étude.

Ces lois du passé ont-elles rendu le Québec et Montréal plus francophones ? Sans aucun doute, elles l’ont fait. Mais il est difficile de dire avec autant de certitude qu’elles n’ont pas eu d’impact négatif sur le succès économique du Québec et de Montréal pendant un certain temps. Et, malgré leurs réalisations impressionnantes, les lois linguistiques ont-elles empêché chacun d’atteindre son plein potentiel ? C’est bien sûr invérifiable. Dans ce contexte, je n’offre que ce qui suit : si la préoccupation de la survie du français est primordiale, utilisez un pinceau fin pour modifier les lois qui solidifient la culture et la langue française au Québec.

Un instrument brutal appliqué à l’éducation, à l’immigration et au commerce peut faire plus de mal que de bien aux fortunes à long terme du Québec. Appuyez-vous plutôt sur la force de votre fière ville et de votre nation-province.

Faites-en une destination pour le monde. Pas une destination seulement touristique, mais une destination pour les meilleurs et les plus brillants dans les arts, l’éducation et les affaires. S’il y a parmi eux quelques non-francophones, accueillez-les. Et enfin, investissez également dans votre peuple et dans toutes les institutions de classe mondiale qui existent au Québec, qu’elles soient d’origine française ou non.

J’ai grandi à Montréal il y a plus de 50 ans, et Montréal était une ville francophone. Oui, l’intendance économique n’était pas entre les mains des francophones, mais Montréal et la province de Québec étaient incontestablement distincts. C’était une ville et une nation-province francophone à une époque de mouvements indépendantistes. Et elles demeurèrent une ville et une nation-province francophone malgré le léger déclin de la langue française, comme le suggère l’Office québécois de la langue française.

Le Québec sera toujours distinct. Personne à l’intérieur ou à l’extérieur du Québec aujourd’hui ne serait en désaccord avec le fait que les chefs d’entreprise devraient communiquer avec leurs employés dans la langue qu’ils parlent. Cela ne devrait pas être controversé. Et oui, nous voulons plus de joueurs de hockey canadiens-français. Mais ces histoires ne sont pas la grande image. Le vrai récit est l’émergence de Montréal – et du Québec en entier – en tant que société de classe mondiale et fière, construite sur ses racines françaises qui navigue avec succès dans les forces de la mondialisation alors qu’elle continue d’évoluer.

À ce jour, quand je dis aux gens que je suis de Montréal, leur premier commentaire est : « Tu dois parler français. » Aussi impossible qu’il soit de retirer la joie de vivre du Québec, il est impossible de retirer le français du tissu culturel de la société québécoise. C’est une bonne chose et une source de force pour le Québec.

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