Le Parti libéral du Québec peut à nouveau gouverner le Québec. Mais pour cela, il doit demeurer fidèle à son histoire et à ses valeurs.

ANTOINE DIONNE CHAREST
ANTOINE DIONNE CHAREST Vice-président conseil et développement, Imperium Stratégies

Il n’est pas évident de savoir aujourd’hui où se situent les libéraux en matière d’économie, de fédéralisme, de langue et de laïcité. À bien des égards, l’identité du Parti libéral du Québec (PLQ) est ambiguë.

Laisser planer l’ambiguïté sur son identité est dangereux pour une formation politique. Un parti dont les valeurs et les engagements ne suscitent ni approbation ni désapprobation chez l’électorat court le risque de tomber dans l’indifférence.

Pourtant, l’identité du PLQ n’a pas changé. Elle repose sur trois valeurs fondamentales : l’identification au Québec, l’appartenance canadienne et les libertés individuelles.

L’identification au Québec est la clé de voûte de l’identité du PLQ. Elle renvoie aux institutions démocratiques, à la langue française et à l’histoire du Québec.

Elle renvoie à la majorité francophone, aux minorités linguistiques et culturelles ainsi qu’aux nations autochtones.

Voilà pourquoi les libéraux ont créé le ministère de la Culture (1961), qu’ils ont fait du français la langue officielle du Québec (1974) et qu’ils ont négocié le Traité de la Baie-James et du Nord québécois (1975).

Voilà aussi pourquoi les libéraux prônent un modèle d’intégration et d’aménagement de la diversité, l’interculturalisme, qui promeut une culture commune dans le respect des libertés individuelles et de la diversité culturelle.

L’identification au Québec est étroitement liée à l’appartenance canadienne. Pour les libéraux, la fédération canadienne est une condition essentielle pour la défense et la promotion des intérêts du Québec.

Si les libéraux sont fédéralistes, c’est parce qu’ils croient que le Canada constitue la meilleure condition de survie et d’épanouissement de la nation québécoise.

C’est la vision que défendait Honoré Mercier, pour qui la légitimité de la fédération reposait principalement sur les provinces. Pour Mercier, celles-ci avaient créé le gouvernement fédéral et elles étaient souveraines dans leurs champs de compétence.

C’est ce qui motiva le Québec à convoquer la première conférence des provinces de l’histoire du Canada (1887), à exiger que ces conférences deviennent annuelles (1960) et à proposer la création du Conseil de la fédération (2003).

À cela s’ajoutent les libertés individuelles. Pour les libéraux, il est primordial que l’individu jouisse du système le plus étendu de droits et libertés.

C’est au nom de cet idéal qu’Adélard Godbout fit adopter la loi accordant aux femmes le droit de vote et d’éligibilité (1940), qu’il rendit obligatoire la fréquentation de l’école jusqu’à l’âge de 14 ans et qu’il introduisit la gratuité scolaire au primaire (1943).

C’est également au nom de cet idéal que Robert Bourassa adopta la Charte des droits et libertés de la personne (1975), qui influença considérablement les rédacteurs de la Charte canadienne des droits et libertés.

L’identification au Québec, l’appartenance canadienne et les libertés individuelles forment le cœur de l’identité libérale. Elles doivent déterminer les autres valeurs libérales, notamment le développement économique, la justice sociale, l’équité intergénérationnelle, le respect de la société civile et de la démocratie.

Les libéraux ne doivent pas céder à la tentation de vouloir ressembler à leurs adversaires dans l’espoir que cela ramènera des électeurs vers eux : non seulement parce que les électeurs préfèrent toujours l’original à la copie, mais aussi parce qu’ils ne seraient pas fidèles aux valeurs qui, depuis 1867, définissent leur identité.

Contrairement à l’ultranationalisme de la Coalition avenir Québec et au souverainisme d’extrême gauche de Québec solidaire, le PLQ est le seul parti susceptible de rassembler les Québécois.

Il est le seul parti qui peut véritablement faire le trait d’union entre Montréal, Québec et les régions, la majorité francophone, les anglophones et les allophones, le Québec et la fédération canadienne.

En un mot, le PLQ demeure le meilleur véhicule politique pour rassembler les Québécois.

Qu'en pensez-vous? Exprimez votre opinion