Le projet du REM est éminemment critiquable. Nous avons rédigé divers documents sur le sujet, dont la position du Collectif en environnement Mercier-Est (CEM-E), dénonçant les impacts majeurs que le mastodonte aérien projeté par CDPQ Infra fera subir aux citoyens des quartiers traversés, en mettant l’accent sur ses effets délétères dans la rue Sherbrooke, sur ses abords et même dans le reste du quartier.

Daniel Chartier
Daniel Chartier Vice-président du Collectif en environnement Mercier-Est et responsable du dossier Transports collectifs

Nous nous inquiétons des impacts plus larges du projet sur l’ensemble du réseau de transports collectifs, sur les finances de Montréal, sur celles de la Communauté métropolitaine de Montréal et même sur celles du Québec, à court, moyen et long termes.

Cette nouvelle prise de position vise à dénoncer le processus actuel de CDPQ Infra dont certains détails ont été révélés ces derniers jours. Nous déplorons les déficiences de ce processus selon cinq axes :

L’information

– Le manque d’informations rendues publiques sur les enjeux de fond, dont l’absence de diffusion des études menées à ce jour.

– L’absence d’analyse détaillée des divers modes structurants de transports collectifs, de leurs impacts et aussi de leurs coûts versus leurs bénéfices pécuniaires et autres.

– Les impacts (y compris les coûts) directs et indirects de la construction et de l’exploitation du REM induits sur Montréal, la STM, les commerces, les industries, les citoyens, etc.

La forme

– La tenue d’une consultation organisée directement par CDPQ Infra et non par un tiers neutre comme l’Office de consultation publique de Montréal, nous rappelant le syndrome de la boîte noire, parfaitement mystérieuse, plutôt que le choix d’un processus impartial, transparent permettant aux citoyens de croire que leur voix comptera vraiment, sans biais.

– La brièveté des délais empêchant la préparation de mémoires étoffés.

– L’absence de garantie de diffusion neutre des mémoires et des avis soumis.

Le comité consultatif

– Le caractère très restreint du mandat du comité consultatif, à savoir ne pouvoir remettre en question le mode et le tracé définis par CDPQ Infra : le mandat principal du comité semble être d’assurer que le projet aura une signature tonitruante dans le paysage des quartiers traversés sans grande considération pour ceux qui subiront les effets néfastes d’un REM aérien.

– La composition du comité consultatif, soit la présence de certains membres déjà connus comme des défenseurs acharnés du projet et n’ayant manifesté aucun esprit critique.

– L’absence de membres représentant des quartiers traversés par le REM aérien.

L’opacité des impacts à très long terme

– La nature opaque et dangereuse du contrat de 99 ans renouvelable une fois, soit 198 ans.

– La durée de vie des structures aériennes projetées versus la durée du contrat.

L’omerta

– Le refus d’une commission parlementaire du gouvernement du Québec sur un projet qui induira une dizaine de milliards de dollars en frais directs à court terme et des sommes monstrueuses à long terme.

– L’omerta imposée et le bras de fer exercé à l’encontre des « partenaires », dont certains subiront des impacts de dizaines ou centaines de millions de dollars.

Bref, le processus est clairement vicié. Les dés sont pipés.