Vous êtes nombreux à me demander pourquoi j’écris un peu moins ces dernières semaines sur Julie La Pie. La réponse est simple : l’inspiration est plus difficile dans le contexte actuel. Même si j’ai un million d’avis sur bien des sujets chauds d’actualité et de société, je pratique une forme de réserve. De l’autocensure, me direz-vous ? Oui, probablement pour me préserver.

Publié le 28 janv. 2021
Julie du Page
Julie du Page Actrice, chroniqueuse, animatrice et blogueuse

Nous sommes dans une ère délicate qui requiert le consensus. Il est téméraire d’aborder certains sujets qui exigent la nuance.

La vie en temps de pandémie est somme toute assez morne, voire très plate ! On a vite fait le tour de la question, on tourne en rond. J’ai beau chercher, il n’y a rien de bien trépidant, rien d’enivrant… Cette situation préoccupante s’éternise et fragilise tout ceux qu’elle concerne. Janvier, pandémie, confinement, couvre-feu, restrictions, présentiel, distanciel, vaccins, une dose, deux doses, alouette ! Comment trouver un peu de lumière dans ce parcours ardu ? Malgré tout, je garde espoir…

Il faut un moral d’acier bien trempé pour entreprendre sa journée par la lecture des journaux !

Parfois, j’essaie de faire une pause d’un ou deux jours afin de protéger mon équilibre. Pourtant, l’effet inverse se produit ; l’idée d’être coupée de la réalité et de faire la politique de l’autruche m’angoisse.

Ma curiosité naturelle reprend le dessus inévitablement. Je fais alors un rattrapage compulsif et je retombe dans ce climat anxiogène.

Récemment, un ami m’a demandé à quoi j’occupais mes journées. Je n’ai pas à me plaindre. Je suis studieuse, planche sur des projets et m’apprête à commencer un tournage. J’ai l’impression de ne pas être aussi efficace et créative que je le souhaiterais. Est-ce la même chose pour vous ?

Priorité famille

Ma priorité est de veiller au bonheur et à la stabilité de ma famille, de mes ados. Le propre de l’adolescence n’est-il de se construire, d’explorer et de découvrir qui l’on est ? Mission quasi impossible en ces temps si particuliers… J’ai vécu ma jeunesse, la leur est un peu hypothéquée. Je rétorque qu’ils ont toute une vie devant eux… L’argument ne fait pas le poids. Je les comprends.

C’est sans doute pour cette raison que j’essaie de compenser pour les manques. Sans être jovialiste, je suis de nature optimiste et joyeuse.

Comme bien des parents, j’entretiens farouchement et à bout de bras l’énergie positive de mon cocon familial.

Je suis tantôt l’amie, la confidente, la monitrice de camp, la prof, la cuisinière, la coach sportive, la préposée à la bonne humeur, etc. Je m’en fais un point d’honneur. Mais être capitaine de bateau, c’est tout de même épuisant ! Il est important de prendre soin de soi aussi…

La pandémie nous sensibilise davantage aux enjeux liés à la santé mentale. J’admire les initiatives comme Bell Cause pour la cause (la journée se tiendra le 28 janvier) dont l’action concrète et proactive a permis une plus grande ouverture d’esprit pour que les tabous s’estompent.

Un collègue de travail m’a un jour avoué avoir fait une dépression à une époque (pas si lointaine) où il était hors de question d’en parler à ses patrons. Heureusement, les choses évoluent.

À la lecture de nombreux articles sur la santé mentale, j’ai compris que personne n’est à l’abri de flancher un jour… Ça peut être vous, une voisine, une connaissance ou moi…

C’est OK de se sentir anxieux, vulnérable, déprimé ou inquiet. Nos fragilités nous rendent uniques. N’hésitez jamais à appeler un proche ou à demander de l’aide.

Les superhéros, c’est dans les bandes dessinées !

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