L’industrie touristique, durement frappée par la crise actuelle, figurera parmi les dernières à se relever pleinement une fois la pandémie derrière nous. Le Québec pourra compter sur une lente reprise du tourisme d’agrément par les voyageurs québécois, alors que la masse de touristes étrangers n’arrivera graduellement qu’à compter de l’été 2022.

Gilber Paquette Gilber Paquette
Directeur général de Tourisme d'affaires Québec

Le secteur du tourisme d’affaires regroupe les évènements que sont les congrès, banquets, réunions d’entreprises, voyages de motivation et foires commerciales. En 2019, cette industrie générait des dépenses directes de 625 millions de dollars, notamment auprès des hôteliers et des centres de congrès de la province.

Dans les régions, le tourisme d’affaires génère jusqu’à 60 % des recettes annuelles des établissements en plus de combler les périodes creuses du tourisme d’agrément. Ainsi, leur existence repose en bonne partie sur le tourisme d’affaires.

L’opportunité créée par le télétravail

Tourisme d’affaires Québec évalue les pertes liées à la pandémie à plus de 500 millions pour l’année 2020, privant les entreprises qui accueillent des évènements d’affaires de liquidités tant nécessaires pour couvrir les frais fixes. Dès que les conditions s’y prêteront, un apport en argent frais est impératif à la survie de nombre d’établissements.

Ainsi, que faire durant l’attente d’une solide reprise du tourisme d’agrément ? C’est ici que le tourisme d’affaires devient une carte maîtresse pour venir en aide aux hôteliers.

Alors que l’été dernier, nous avons connu un assouplissement des consignes sanitaires liées à la taille des rassemblements, nous avons observé une reprise des évènements d’affaires encadrés par un plan sanitaire rigoureux. L’implantation du télétravail a fait émerger un nouveau besoin : celui de réunir les employés dans des espaces qui permettent le respect de la distanciation physique, qui est difficile à respecter sur les lieux de travail.

Alors que l’on voit poindre la lumière au bout du tunnel, mais que les mesures sanitaires en place devront continuer de s’appliquer probablement jusqu’à la fin de 2021, les établissements hôteliers et les centres de congrès constituent une solution idéale pour accueillir les réunions et les évènements d’affaires. Les entreprises voudront réunir leurs employés pour les mobiliser et contrecarrer certains aspects négatifs du télétravail.

Des mesures gouvernementales temporaires en soutien à la relance

Le milieu associatif, qui constitue le tiers de la clientèle des évènements d’affaires, est durement affecté par la crise, car se finançant par des activités (congrès, galas d’excellence) qui ont dû être annulées. Une avenue intéressante serait celle de créer un fonds destiné à subventionner les associations (OBNL) pour absorber une partie des coûts liés à l’organisation d’un évènement. Par le fait même, cette mesure viendrait en aide aux hôteliers et centres de congrès en générant des nuitées et des locations de salles dans leurs établissements.

Quant aux entreprises privées, un crédit d’impôt temporaire constituerait une aide efficace et simple d’implantation afin de les inciter à multiplier le nombre d’évènements dans les hôtels et centres de congrès.

L’effet multiplicateur

Le touriste d’affaires procure aussi des retombées indirectes au bénéfice de l’ensemble de l’économie locale. Il mange au restaurant, il visite les attraits touristiques de la région et il magasine dans les commerces locaux. Il alimente un écosystème qui génère des recettes fiscales pour les gouvernements, lesquelles financeront en partie le coût des programmes de soutien. Et surtout, il participe à la relance économique et à celle de l’industrie touristique.