Il est temps de réconcilier tous les acteurs autour d’une vision nationale, commune et équilibrée

Andrée Laforest Andrée Laforest
Ministre des Affaires municipales et de l’Habitation

Il y a quelques mois, la demande de modification du schéma d’aménagement et de développement de la MRC de Montcalm recevait une décision favorable.

Cette décision s’appuie sur un processus d’analyse rigoureux et sur une série de recommandations favorables des ministères concernés par ce type de dossier, soit les Affaires municipales, l’Environnement, l’Agriculture et les Ressources naturelles. Nous avons agi de manière responsable et transparente dans l’accompagnement de cette MRC et surtout, la décision prise respecte le cadre légal actuel ainsi que les orientations gouvernementales, dont l’orientation 10 qui porte sur la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

Je tiens à rappeler également que la MRC de Montcalm, composée de 10 municipalités dont certaines sont à plus de 70 kilomètres de la métropole, devra respecter des critères stricts de densification et consolider son développement dans les principaux pôles de services et d’équipements qui sont localisés sur son territoire. Ce qu'il est aussi important de souligner, c’est que la MRC de Montcalm, bien qu’en périphérie de la CMM, est surtout au cœur de la région de Lanaudière. Certains percevront dans les choix de cette MRC rurale une expression du phénomène d’étalement urbain, alors que d’autres y constateront plutôt un développement régional légitime. Deux visions. Deux réalités.

Ce qui se dégage de tout cela, c’est qu’il est grand temps de se doter d’une vision renouvelée, globale et cohérente en matière d’aménagement du territoire. Rappelons que la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme a 40 ans et que les orientations gouvernementales en ont 25 pour la plupart.

Notre gouvernement a un plan. Deux grands chantiers sont en cours afin de réaliser notre objectif de développer des milieux de vie durables, dynamiques, sains et attrayants dans toutes les régions du Québec.

D’abord, nous agissons par rapport aux inondations. Nous avons déjà déposé un plan d’action concerté, dont les mesures concrètes sont présentement à l’étude dans un projet de loi à l’Assemblée nationale. Nous annoncerons prochainement la mise en place de bureaux de projets régionaux qui auront pour mission de mettre en œuvre des solutions concrètes pour protéger la population, dans le respect des réalités terrain de chaque territoire.

Ensuite, il nous faut agir pour se doter d’un aménagement du territoire québécois digne du XXIe siècle. Pour ce faire, j’inviterai les représentants des milieux municipaux et les organismes intéressés par la question à prendre part à une grande conversation nationale à ce sujet. En fin de compte, ces échanges nous permettront de parvenir à la mise en œuvre d’une stratégie réfléchie, adaptée aux réalités des différentes régions du Québec et actualisée.

En terminant, trop souvent on oppose les objectifs des grandes villes aux ambitions légitimes des régions et du monde rural. Il est temps de réconcilier tous les acteurs autour d’une vision nationale, commune et équilibrée. Il faut rassembler plutôt que diviser pour faire face aux défis de demain. Notre territoire et son potentiel de développement durable sont trop précieux pour que nous repoussions encore une fois cette concertation nécessaire.