La fermeture des bibliothèques publiques au printemps 2020 a mis en évidence leur capacité d’adaptation. Dès les tout débuts de la crise sanitaire, les équipes des bibliothèques publiques se sont affairées à ajuster leur offre de service afin de demeurer accessibles et inclusives, tout en répondant aux besoins de leurs communautés.

Eve Lagacé Eve Lagacé
Directrice générale de l’Association des bibliothèques publiques du Québec

Bien entendu, elles ont d’abord capitalisé sur leur offre numérique. La principale plateforme de prêt de livres numériques en bibliothèques publiques, Pretnumerique.ca, a d’ailleurs noté une augmentation de 175 % de ses utilisateurs et de 117 % de ses prêts durant la première période de confinement. On parle même d’une hausse de 482 % pour les livres numériques jeunesse !

Plus encore, notons le maintien de l’offre traditionnelle par l’entremise du service de prêt sans contact, que la totalité des bibliothèques en zone rouge offre encore durant cette deuxième vague de COVID-19 qui nécessite de nombreuses ressources humaines afin de répondre convenablement à la demande des usagers. Mentionnons aussi, parmi tant d’autres initiatives, la mise en place de systèmes d’appels aux usagers vulnérables afin de briser leur isolement et la livraison de documents à domicile.

Ces exemples illustrent le caractère essentiel et bienveillant des bibliothèques publiques dans la vie des Québécois. À la fin du printemps dernier, alors que les bibliothèques, comme de nombreux autres secteurs, étaient encore confinées, les demandes de réouverture se multipliaient dans les municipalités, à l’Association, et même au cabinet de la ministre, m’a-t-on confié.

Les usagers voulaient retrouver leurs lieux accueillants, utiliser les ressources informatiques mises à leur disposition ou simplement bouquiner à travers les rayons.

Évidemment, la reprise des activités telles que nous les connaissions n’est pas pour demain. Néanmoins, les bibliothèques bonifient leur offre, malgré les défis engendrés par la COVID-19, pour répondre aux besoins de culture, de divertissement, d’éducation et d’information de la population. Partout, on déploie des efforts colossaux pour offrir des programmations virtuelles originales, développer des sélections de lecture thématiques prêtes à emprunter ou encore participer au service national et collectif de suggestions de lecture personnalisées QuoiLire.ca, qui guide les Québécois dans leur recherche DU titre qui les accompagnera durant la prochaine fin de semaine de confinement…

Alors que depuis quelques années, les bibliothèques publiques québécoises rattrapaient tranquillement leur retard sur leurs consœurs des autres provinces canadiennes, notamment par l’augmentation des heures d’ouverture, l’embauche de personnel qualifié ou encore la construction de nouveaux bâtiments invitants et inspirants, il serait catastrophique pour la population que la crise sanitaire actuelle réduise les investissements.

Heureusement, certaines villes ont dernièrement annoncé de bonnes nouvelles en ce sens. C’est notamment le cas de la Ville de Laval, qui publiait plus tôt ce mois-ci son Plan directeur des bibliothèques, dans lequel on prévoit à court et moyen termes des investissements majeurs : quatre agrandissements, deux relocalisations dans de nouvelles constructions et huit nouvelles bibliothèques ! Il s’agit là d’une superbe nouvelle pour les Lavallois, qui pourront compter sur des infrastructures actuelles et adaptées à leurs besoins.

Alors que les décisions budgétaires sont sur le point d’être prises dans les municipalités du Québec, l’Association des bibliothèques publiques du Québec invite les décideurs municipaux à la plus grande prudence et à résister à la possible tentation de réduire leurs investissements dans les institutions culturelles les plus fréquentées au Québec : les bibliothèques publiques.