Nul ne peut ignorer que le bilan de la gestion des CHSLD dans la présente pandémie est une véritable catastrophe, pis encore, un échec humanitaire. Or, ces jours-ci, tous nos élus se délestent de leurs responsabilités en même temps qu’ils travaillent à rendre imputables les fonctionnaires sous leurs ordres.

Hélène Marchand
Québec

Marguerite Blais rejette la faute sur François Legault, celui-ci congédie Danielle McCann et embauche son ami Christian Dubé. On exige l’aide du gouvernement fédéral, mais on refuse ses normes de santé. Bref, on demande beaucoup d’argent à gérer à l’abri de tout regard extérieur à Québec inc.

Le déclin de notre système de santé s’est amorcé sous le gouvernement de Lucien Bouchard, obsédé par l’atteinte du déficit zéro : certains hôpitaux ont été fermés, d’autres ont été transformés en CHSLD, on a racheté les retraites anticipées de centaines de médecins et d’infirmières, et on a mis en disponibilité des milliers d’employés du réseau de la santé. Depuis, le réseau peine à répondre aux besoins des Québécois. Il était inévitable qu’avec l’actuelle pandémie, notre réseau craquerait sous la pression. Et, pour l’instant, ce sont les aînés qui en font les frais.

On se rappellera que François Legault, lors de la campagne électorale de 2018, avait eu de nombreuses discussions avec Gertrude Bourdon dans l’espoir d’obtenir sa candidature en lui promettant le poste de ministre de la Santé. Or, cette dernière avait une vision précise d’une réforme efficace du réseau et avait émis ses exigences à cet égard, dont celle de hausser le budget de la santé de 8 % par année.

Comme elle s’était butée à un refus catégorique, elle n’a pas hésité à sacrifier un poste de ministre et s’est tournée vers le Parti libéral, dont le programme correspondait davantage à sa vision.

Alors, pourquoi Marguerite Blais n’a-t-elle pas démissionné quand elle a constaté, au printemps dernier, que son parti ne répondait pas à ses demandes pour les CHSLD, qui se consumaient sous la COVID-19, tant les aînés que le personnel ? C’eût été le geste le plus utile à sa mission qu’elle chérit depuis des années, celle du bien-être des aînés. En expliquant les raisons de sa démission, elle aurait pu alerter le public et forcer le gouvernement à prendre des mesures. Espérons que la deuxième vague épargnera cette tranche vulnérable de la population.