Nous traversons présentement une crise sanitaire et économique sans précédent dans l’histoire de nos sociétés modernes.

Kim Thomassin Kim Thomassin
Première vice-présidente et cheffe des placements au Québec et de l’investissement durable à la Caisse de dépôt et placement du Québec

Pour arriver à surmonter ce défi, les gouvernements, les investisseurs et les entreprises doivent continuer de conjuguer leurs efforts. Mais cette crise ne doit pas nous faire oublier cet immense défi auquel l’ensemble du monde fait face et dont nous voyons les impacts grandir d’année en année : les changements climatiques. Les températures extrêmes que nous observons sur le globe provoquent des changements dramatiques pour les communautés, les économies et la biodiversité partout dans le monde.

À la Caisse, nous avons pris une position claire il y a de ça un peu plus de deux ans. Les changements climatiques sont un enjeu crucial pour la planète et nos collectivités. Ils représentent aussi un risque croissant pour nos entreprises et une occasion d’investir dans des actifs rentables et porteurs pour l’avenir.

Nous nous sommes fixé des cibles publiques. Nous avons établi un plan d’action clair pour nos équipes. Et nous avons même ajouté un critère de réduction carbone à notre rémunération. Un pas que très peu d’investisseurs ont franchi.

Avec ces mesures, nous avons donc progressé rapidement. Nous avons réduit de 20 % les émissions de carbone de chaque dollar que nous investissons. Nous avons élevé à 34 milliards le total de nos actifs sobres en carbone. Nous sommes un des plus grands investisseurs institutionnels en énergie renouvelable, avec des entreprises exploitant des parcs de production solaire et éolien au Québec, aux États-Unis, au Mexique, en Espagne, en France, au Royaume-Uni et en Inde. Parallèlement, nous avons réduit de 30 % la valeur de notre exposition au secteur de la production pétrolière.

Poursuivre dans cette voie

Nous allons continuer de rechercher des actifs qui contribuent concrètement à la transition énergétique. Que ce soit en transport, en immobilier ou en production d’énergie. Nous allons accompagner nos entreprises en portefeuille pour qu’elles améliorent leur empreinte climatique ; cette amélioration sera une condition importante à notre engagement à long terme auprès d’elles. Puis nous continuerons de réduire notre exposition à la production de pétrole dans un avenir prochain.

Notre objectif ultime ? Avoir un portefeuille carboneutre en 2050. Nous croyons que c’est la chose à faire pour nos déposants, pour nos entreprises et pour notre planète. Nous voulons faire des sommes qui nous sont confiées un capital constructif pour l’avenir.

Face à ce défi planétaire, nous n’agirons pas seuls. La Caisse s’implique activement dans plusieurs initiatives climatiques. Par exemple, par le Réseau de leadership d’investisseurs, nous soutenons avec nos pairs canadiens et internationaux l’intégration du facteur climatique en investissement. Aussi, avec l’ONU et 26 partenaires internationaux regroupés dans l’Alliance Net-Zéro, nous travaillons à rassembler encore davantage d’investisseurs pour accroître notre impact sur les entreprises et amener plus loin les meilleures pratiques pour faire face à la crise climatique.

Est-ce qu’il nous reste encore du travail à faire ? Certainement. Nous devons continuer d’investir et de générer les rendements nécessaires à nos déposants en travaillant à dynamiser l’économie du Québec à un moment crucial pour nos entreprises. Et les changements climatiques continueront d’être un élément central de notre stratégie, ici et dans le monde.